Décès de Mohamed Morsi : «Un assassinat à part entière», selon les Frères musulmans

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(Crédits : Reuters)
Tous les honneurs d’un ancien chef d’Etat semblent lui avoir été refusés. Pas même celui d’être enterré dans le carré familial. Décédé la veille après un malaise en pleine comparution dans son procès, Mohamed Morsi, l’ancien président égyptien, a été discrètement enterré ce mardi 18 juin au Caire. Mais la nouvelle de sa mort soulève une vive polémique, les Frères musulmans allant jusqu’à la qualifier d’assassinat.

Pas d'hommages dithyrambiques ou de funérailles nationales. Ni le statut d'ancien président (2012-2013), ni les requêtes de ses proches d'enterrer Mohamed Morsi dans le carré familial n'ont convaincu les autorités égyptiennes d'accorder les derniers honneurs à Mohamed Morsi, décédé ce lundi 17 juin suite à un malaise. Dissuadé par la lourde logistique exigée par une cérémonie nationale, le pouvoir égyptien s'est tout simplement braqué. La famille s'est quelque peu vu imposer une simplicité dans les cérémonies funéraires.

Discrète mise en terre, mais sous un impressionnant dispositif de sécurité

Après une prière mortuaire à l'hôpital de la prison de Tora où il était incarcéré, la dépouille du premier président égyptien post-Révolution a été discrètement mise en terre dans le cimetière de Nasr City, situé à l'est du Caire, la capitale, sous un impressionnant dispositif de sécurité. La veille, Mohamed Morsi s'est écroulé en pleine audience dans un tribunal, frappé d'un malaise alors qu'il comparaissait dans le cadre d'un procès alambiqué pour terrorisme et espionnage pour le compte du Qatar et du Hamas. Son décès a été constaté peu après son transfert à l'hôpital de la prison où il purgeait déjà une peine pour falsification de documents dans le cadre de sa candidature à la présidentielle de 2012.

Outre l'émotion suscitée par ce décès brutal de Morsi à l'âge de 67 ans, une vive polémique entoure les circonstances de son décès. «Nous appelons les autorités égyptiennes à mener une enquête impartiale, approfondie et transparente sur les circonstances de la mort de Morsi, notamment sur son isolement cellulaire et son isolement du monde extérieur», réagit Amnesty International dès l'annonce du décès. Un commentaire qui fait suite à un feu de la polémique entretenue par les Frères musulmans, organisation politique d'inspiration islamique à laquelle appartenait Mohamed Morsi.

 «Assassinat par négligence médicale»

Dans une déclaration rapportée par Reuters, les Frères musulmans évoquent le décès de Morsi comme «un assassinat à part entière. Dans un communiqué très virulent, le Parti de la liberté et de la justice, pendant politique des Frères musulmans, qualifie le décès de leur «martyr» comme un «assassinat par négligence médicale», imputé aux «autorités du coup d'Etat». Le communiqué fait remarquer les conditions de détention de Mohamed Morsi qui avait fini par demander son hospitalisation dans une clinique privée à «ses propres frais».

Destitué en 2013 par l'armée conduite par un certain Abdel Fattah Al-Sissi, Mohamed Morsi a échappé à plusieurs condamnations à mort dans une myriade de procès. Ingénieur civil formé au Caire et aux Etats-Unis, Morsi était arrivé au pouvoir à la suite de la Révolution de la Place Tahrir qui avait précipité la chute de Hosni Moubarak après trois décennies de règne sur l'Egypte.

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