Sud-Soudan : 40 diplomates à l'étranger renvoyés pour absentéisme

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(Crédits : Reuters)
Avec effet immédiat! Les diplomates se sont vu retirer de la liste de paie des fonctionnaires et leurs noms a été automatiquement placés sur la liste des congédiés. Après plusieurs rappels à l’ordre infructueux, les autorités sud-soudanaises ont confirmé avoir limogé 40 diplomates pour leur absentéisme de plusieurs mois, plusieurs années pour certains. Les fonctionnaires limogés se sont absentés sans autorisation préalable et parfois sans informer le ministère des Affaires étrangères qui explique avoir été contraint de sévir.

Le ministère des Affaires étrangères avait laissé 45 jours aux diplomates pour fournir une preuve du travail effectué pendant la longue période d'absence. Au terme de la période probatoire, leur tutelle a décidé de sévir en appliquant une loi régissant le service consulaire et diplomatique dans le pays depuis 2011.

Double sanction

«Nous écrivons pour annoncer que les diplomates nommés ci-dessous sont véritablement et légalement licenciés et démis de leurs fonctions au service diplomatique de la République du Soudan du Sud à compter du 13 mai 2019», écrit une circulaire datée du 15 mai et adressée à tous les chefs des missions diplomatiques du Soudan du Sud à l'étranger. «L'absence au travail pendant 45 jours consécutifs sans permission est considérée comme une démission», précise la circulaire de la diplomatie sud-soudanaise.

Sur la liste accompagnant la circulaire du ministère, 40 diplomates sont concernés. Ils sont désormais tenus de rendre leur passeport diplomatiques et ceux attribués à leurs conjoints et leurs enfants. Pour prolonger la double sanction, ils se verront retirer de la liste de paie et leurs noms seront retirés de la banque de données des fonctionnaires de l'Administration.

Juba a bien tenté d'«engager le dialogue avec ces diplomates qui étaient absents sans autorisation depuis des mois voire des années [pour certains]», explique le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué relayé par plusieurs médias. «Malheureusement, le ministère n'a pas d'autre choix que de laisser partir ces diplomates, après des tentatives infructueuses pour les convaincre de se remettre au travail», en vain !

Des raisons politiques derrière les licenciements?

A l'AFP qui l'interroge sur les justifications d'une telle mesure, Mawien Makol, le porte-parole du ministère a expliqué que les déplacements des diplomates sanctionnés n'étaient pas toujours précis. Il a par la même occasion rejeté des contre-arguments qui expliquent les licenciements par une volonté de Juba de réduire drastiquement ses effectifs afin de pouvoir juguler la masse salariale des fonctionnaires. Il pourrait même y avoir une explication politique à ce licenciement pour absentéisme.

Dans le sillage de l'Accord de paix signé à Addis-Abeba, le partage du pouvoir entre Salva Kiir, l'actuel président du plus jeune Etat au monde, et Riek Machar, son grand rival, l'effectif du gouvernement devrait considérablement se gonfler. Une équipe pléthorique qui justifie peut-être en partie le limogeage des diplomates, postes auxquels on peut caser (ou éloigner) quelques rebelles qui ont rallié l'union sacrée entre les deux grandes figures du pays. En tout cas le mouvement de nettoyage dans les postes diplomatiques s'inscrit dans le cadre de la réduction des effectifs qui avait poussé le Sud Soudan a fermer quelques ambassades en 2016.

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