Départ de Bouteflika : en Algérie, la rue ne négocie pas la proposition de l'armée

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(Crédits : Reuters)
La mobilisation ne faiblit pas. Ce vendredi 29 mars, la rue algérienne n’a pas encore désempli pour relever le défi par une démonstration pacifique très attendue. Elle arrive comme une réplique à la proposition Ahmed Gaïd Sallah, chef de l’état-major et ministre de la Défense, qui a demandé la mise en pratique d’un article qui pourrait conduire à la destitution du président Abdelaziz Bouteflika. Mais la rue semble pressée d’arriver à ce résultat.

Un camp présidentiel qui s'effrite sous le poids des défections dans l'entourage présidentiel et la coalition au pouvoir. Bien avant qu'Ali Haddad, le président du Forum des chefs d'entreprise (FCE), réputé proche d'Abdelaziz Bouteflika, ne démissionne ce jeudi 28 mars, d'autres départs ou prises de parole en faveur du départ du président sortant ont rythmé le camp de la majorité au pouvoir.

«Dégage système !»

Abdelaziz Bouteflika est-il seul face à une rue qui gronde pour son départ du Palais de la Mouradia ? Lâché, il l'est en tout cas, à mesure que la mobilisation perdure pour atteindre, ce vendredi 29 mars, la sixième semaine de manifestations populaires et pacifiques à travers le pays. Drapeaux algériens et pancartes levés, des milliers de personnes sont à nouveau sorties dans les rues d'Alger, la capitale.

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La ferveur a aussi gagné des villes comme Constantine, Tlemcen ou encore Tipaza mais aussi Bejaia et Sidi Bel Abbes.«Ensemble, nous vaincrons!», pouvait-on lire sur une banderole à Alger, comme pour conjurer la lassitude d'un mouvement non encore structuré, mais insistant depuis la fin février sur un changement radical dans la politique du pays.

Très attendue, la réponse des manifestants à la proposition du général Ahmed Gaïd Salah ne s'est pas fait attendre. «Oui à l'Assemblée constituante souveraine !», «Dégage système !» ; ce sont quelques-uns des slogans scandés dans les rues du pays. Et tous se rejoignent sur le départ immédiat du président Abdelaziz Bouteflika pour permettre une transition apaisée vers le changement du système.

Réplique négative de la rue à la proposition de l'armée

Des slogans qui répliquent par la négative à la proposition du chef d'état-major et vice-ministre de la Défense. Dans une déclaration diffusée jusque sur les antennes de la chaîne publique, le Général Ahmed Gaïd Salah avait proposé comme «solution», la mise en pratique de l'article 102 de la Constitution. Ce dernier permet, après une longue procédure d'empêchement enclenchée devant le Conseil constitutionnel, de déclarer le président inapte au profit du président du Conseil de la nation qui assurerait l'intérim.

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Dans les faits, même si au Conseil constitutionnel, aucune procédure pour étudier l'inaptitude du président n'est encore ouverte, ce dispositif transitoire devrait permettre un changement de tête provisoire au sommet de l'Etat. Pendant ce temps, la rue s'impatiente. Mais la parade est regardée avec méfiance par la classe politique d'opposition et les manifestants qui la voient comme une manœuvre de l'armée pour gagner du temps afin de réinitialiser le système sans conduire au changement réclamé. A moins que la proposition émanant de l'armée ne soit une manière de préparer les esprits à un départ en catimini d'Abdelaziz Bouteflika. Reste à savoir si parmi les derniers fidèles, on veut le faire sortir par la petite porte de l'Histoire.

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