Attaque de Dangdala au Tchad : au sein de l’armée, des éjections de fauteuil

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L'hélicoptère d'attaque de type Mil-Mi 24 qui avait disparu le 13 mars dernier a été retrouvé crashé ce jeudi 21 mars à 70 km au sud-ouest de Faya-Largeau.
L'hélicoptère d'attaque de type Mil-Mi 24 qui avait disparu le 13 mars dernier a été retrouvé crashé ce jeudi 21 mars à 70 km au sud-ouest de Faya-Largeau. (Crédits : Reuters)
Le réaménagement du cabinet militaire s’est accéléré ces derniers jours. Comme un couperet, Idriss Deby a procédé à des changements de têtes à des postes de haut commandement dans l’armée. Le chef de l’Etat tchadien a procédé à plusieurs suspensions ou limogeages de hauts gradés. Une réorganisation de l’appareil sécuritaire qui fait suite à la disparition, le 13 mars dernier, d’un hélicoptère de l’armée, retrouvé plus de dix jours plus tard. Mais c’est sans doute l’attaque de Dangdala ayant coûté la vie à 23 soldats qui a précipité l’éjection de de hauts gradés, dont celle très remarquée de Brahim Seid Mahamat, chef d’état-major général des armées.

C'était un général quatre étoiles qui dirigeait les armées du Tchad depuis 2013. Mais depuis le décret présidentiel de ce vendredi 22 mars, Brahim Seid Mahamat a cédé sa place de chef d'état-major général des armées (CEMGA) au général Taher Erda, commandent en chef de l'armée de terre jusqu'à sa nouvelle nomination.

Le CEMGA éjecté après l'attaque de Dangdala

Même si aucune allusion n'y est faite, le sortant doit peut-être son éjection à l'attaque de Dangdala, sur la rive nord-ouest du Lac Tchad. Tard dans la nuit du 21 au 22 mars dernier, une trentaine de terroristes de Boko Haram ont attaqué une position de l'armée tchadienne dans cette localité située près de Ngouboua, sur la frontière avec le Nigeria.

Le bilan officiel de cette attaque du groupe terroriste fait état de 23 soldats tchadiens tués. On signale aussi 4 blessés et du matériel militaire emporté dans la fuite des assaillants qui seraient venus du Niger.

En prenant ce décret-couperet, Idriss Deby a sans doute voulu prendre des sanctions en opérant quelques remaniements au sein de son appareil sécuritaire, plus resserré vers des personnalités qui lui sont plus proches. Ancien commandant adjoint de la garde présidentielle, Taher Erda, le nouveau CEMGA, est bien connu d'Idriss Deby dont il a été le frère d'armes lors de l'accession au pouvoir de ce dernier en 1990.

Remaniement sécuritaire jusqu'au palais

Dans la lourde tâche de piloter la lutte contre les menaces sécuritaires croisées, le CEMGA pourra compter sur ses adjoints, les généraux de division Djimadoum Traïna et Touffa Abdoulaye. Pour autant, le remaniement touche également d'autres grandes figures jusqu'au cabinet militaire de la présidence. Adam Idriss Déby Itno, fils du président, a laissé son poste de CEMGA particulier au général Bichara Issa Djadallah qui avait occupé le poste de la Défense. Oki Dagache Yaya devient aussi le conseiller du chef de l'Etat.

Dans la réorganisation, le chef d'état-major de l'armée de l'air et son adjoint ont été suspendus, selon l'AFP. Ils payent sans doute la longue disparition d'un hélicoptère de l'armée tchadienne. Parti de N'Djamena le 13 mars dernier en direction de Faya-Largeau, le Mi-24 s'est perdu dans le désert, avant d'être retrouvé crashé par un chamelier à 70 km au sud-ouest de Faya-Largeau. Les trois Tchadiens -dont un colonel et un capitaine de l'armée- et un Biélorusse y avaient perdu la vie.

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