Cinquième mandat de Bouteflika : malgré l’interdiction, les étudiants algériens manifestent

 |   |  541  mots
(Crédits : Reuters)
Les manifestations de vendredi dernier ont, semble-t-il, créé un appel à d’autres marches. A la suite des avocats qui ont manifesté ce lundi, les étudiants algériens sont descendus dans les rues de plusieurs villes du pays, pour contester la candidature à un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Toute manifestation est pourtant interdite dans le centre d’Alger.

Une fièvre de la protestation s'est emparée de l'Algérie. Sur les réseaux sociaux, les appels à sortir dans les rues pullulent, comme lors de la trentaine de manifestations recensées vendredi dernier. Et tour à tour, sans que le mouvement ne soit encore formellement structuré, les différents corps sociaux répondent. Alger, Oran, Béjaia, Sétif, Oum El Bouaghi, Boumerdès, Tiaret, les étudiants ont remplacé les avocats, sortis manifester hier lundi.

« Non au 5e mandat!», « Bouteflika dégage! ». Ce mardi 26 février, ce sont les messages que l'on pouvait lire sur les pancartes apparues dans les cours des différentes facultés et dans les rues du pays où des centaines d'étudiants ont manifesté dans le calme, contre la candidature à un cinquième mandat d'Abelaziz Bouteflika à la présidentielle du 18 avril 2019. Selon plusieurs médias locaux, outre cette revendication portée par les marches de ce vendredi 22 février, la marche des étudiants de ce mardi portent également sur le soutien de plusieurs fédérations estudiantines à cette candidature.

Une manifestation tous les vendredi contre Bouteflika

Par ailleurs, la colère des facultés s'est voulue en réponse à la sortie d'Ahmed Ouyahia, le premier ministre algérien appelant à exprimer le mécontentement par la voie des urnes. « Nous affirmons que l'élection présidentielle, qui aura lieu dans moins de deux mois, sera une occasion pour notre peuple de choisir en toute liberté et toute souveraineté. Nous dirons à tout le monde que chacun a le droit de défendre le candidat qu'il veut et chacun a le droit de s'opposer à un candidat, mais la question sera tranchée par les urnes de manière pacifique et civilisée », a-t-il fait savoir lors de sa déclaration de politique générale ce lundi 25 février devant la chambre basse du parlement.

Lire aussi : L'Algérie va créer une joint-venture avec ExxonMobil

Le même jour, à l'appel de leur corporation, les avocats sont sortis en masse pour marcher contre le cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika. Contrairement à eux, les étudiants ont pu rassembler grâce à une mobilisation sur les plateformes sociales virtuelles. Le mot d'ordre appelait à circonscrire les marches dans l'enceinte des différentes facultés du pays. Mais de façon quasi spontanée, les marcheurs se sont dirigés vers les centres-villes comme Alger, la capitale, où depuis 2001, toute manifestation est interdite. Scandant des messages d'apaisement face à la police antiémeute, celle-ci n'a pas réagi comme lors des premières manifestations de ce vendredi.

Actuellement en Suisse pour des examens médicaux relatifs au suivi des séquelles de l'AVC de 2013 qui l'a cloué sur un fauteuil roulant, Abdelaziz Bouteflika avait fait savoir, par voie épistolaire, son intention de se porter candidat à sa propre succession à la tête de l'Algérie qu'il dirige depuis 1999. Depuis cette annonce, une contestation, d'abord virtuelle puis dans les rues, s'est emparée du débat pour faire pression sur l'entourage du président afin qu'il renonce à sa candidature. Les manifestants se donnent rendez-vous tous le vendredi pour clamer la même exigence. Les scènes de jeunes et plus âgés, drapeaux algériens à la main, brandissant des pancartes, sont loin de connaître leur épilogue.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :