Côte d'Ivoire : la CPI ordonne l'acquittement de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé

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(Crédits : Reuters/LTA)
Libres ! Le verdict tant attendu est finalement tombé: Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont obtenu l'acquittement dans leur procès pour crimes contre l'Humanité. Ce mardi 15 janvier, la Première chambre de la Cour pénale internationale-CPI) a accédé à la requête de la défense de l'ancien président ivoirien et du président des jeunes patriotes. Trois ans après l'ouverture de leur procès, l'ancien président ivoirien et son ancien ministre de la Défense vont repartir libres de la CPI, sous réserve que le Bureau de Fatou Bensouda ne fasse pas appel de cette décision.

Pendant les prochains jours, l'attitude de Fatou Bensouda sera passée à la loupe par la défense des deux hommes et les observateurs. Le verdict de la CPI sur les cas de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé pourrait être définitif si le Bureau du Procureur ne fait pas appel de la décision.

Mais pour l'heure, après Uhuru Kenyatta, Laurent Gbagbo est devenu le second président africain à repartir libre de la CPI. En compagnie de Charles Blé Goudé, son ancien ministre de la Jeunesse, l'ancien président ivoirien peut quitter sa cellule spartiate de la prison Scheveningen, sur les bords de la mer du Nord, à la Haye.

Acquittement !

Ce mardi 15 janvier, la première chambre de la CPI a «fait droit aux demandes d'acquittement» de la défense des deux hommes pour ordonner leur «remise en liberté» immédiate. La chambre n'a pas préféré faire éterniser un procès qui court donc depuis trois ans dans les prétoires de la juridiction internationale. Elle s'est donc abstenue de continuer le procès sur une partie des accusations de crimes contre l'Humanité qui ont nourri ce long feuilleton judiciaire.

Il faut dire que les preuves manquaient dans ce procès fleuve malgré la production de plusieurs heures de vidéos, les témoignages de plus de 80 témoins à la barre et l'opiniâtreté de Fatou Bensouda, la Procureure de la CPI. Cette dernière pourrait décider de jouer une ultime carte en affinant son réquisitoire ou en la portant sur une partie des charges.

Mi-décembre dernier, l'annonce précipitée de la libération de Gbagbo avait laissé un petit goût amer aux partisans de l'ancien chef de l'Etat ivoirien. Harangués par une Simone Gbabgo presque euphorique, les rues de Yopougon et de Mama (près de Gagnoa) avaient été inondées par une marée humaine des partisans de Gbagbo. Las pour eux, la CPI avait reporté sa décision à une date ultérieure. Ce mardi 15 janvier 2019 sera sans doute une date à marquer d'une pierre blanche pour ses partisans. Ils pourront enfin célébrer la libération de leur champion. Et déjà les analystes anticipent la portée de cet acquittement!

Laurent Gbagbo, la portée politique d'une libération

A un an de la présidentielle, il ne faut pas être dans le secret des dieux pour prédire la trajectoire de l'ancien président ivoirien. Il faut plonger dans les hasards de calendrier ou les confirmations à mots couverts. Ce jeudi 13 décembre 2018, au moment où s'ouvrait le procès sur son éventuelle libération, Laurent Gbagbo publie son livre entretien avec le journaliste français François Mattei: "Libre. Pour la vérité et la justice" (éditions Max Milo).

Selon les bonnes feuilles publiées par les médias, l'ancien président se veut énigmatique sur l'après-procès.«Mon ambition, c'est de revenir chez moi en Côte d'Ivoire. J'ai réservé une maison pour m'accueillir. J'ai déjà fait acheter des matelas pour remplacer ceux que l'on m'a volés dans ma petite maison du village» confie-t-il. Quid de la course à la présidentielle à l'horizon? Il n'est pas indispensable d'être président pour faire de la politique et se rendre utile. La Côte d'Ivoire, l'Afrique, c'est ma vie, et je serai toujours concerné par leur destin. Pour m'empêcher de rentrer chez moi, sont-ils prêts à l'illégalité?», s'interroge Laurent Gbagbo.

Dans tous les cas, la figure de l'ancien président, reconduit à la tête du FPI, planera sur le scrutin présidentiel. C'est ce qu'a compris Henri Konan Bédié pour lancer son appel du pied pour une alliance PDCI-FPI en vue de reconquérir les urnes en 2020, sur les antennes de nos confrères de France 24. Le retour triomphal de l'ancien président devrait rebattre les cartes de la succession à Alassane Ouattara, au moment même où se font et se défont les alliances. Assurément, une autre histoire de la Côte d'Ivoire est en train de s'écrire.

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