RDC : les Congolais aux urnes pour désigner le successeur de Kabila

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(Crédits : Présidence RDC)
Ce dimanche 30 décembre, plus de 39 millions d’électeurs élisent le successeur du président Joseph Kabila, ainsi que les députés nationaux et provinciaux. Un scrutin attendu depuis décembre 2016 et qui se déroule sous haute tension. Malgré quelques couacs, les opérations électorales ont débuté dans un calme relatif, avant la fermeture des bureaux de vote à 16h00 GMT.

C'est jour de vote en RDC ! Après plusieurs années d'attente, des reports ainsi qu'une campagne électorale assez tendue, les 39 millions d'électeurs inscrits sur les listes sont en train de choisir le successeur de Joseph Kabila Kabangé qui ne se représente pas. Les 73 550 bureaux de vote ont en principe ouvert à 5h00 GMT, et malgré quelques retards dus à la logistique et à la pluie notamment à Kinshasa, les opérations électorales ont débuté avec un calme relatif.

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Des électeurs ont signalé plusieurs incidents notamment des pannes sur certaines machines électorales, des coupures d'électricité ainsi que des incohérences sur les listes électorales, mais selon la CENI, tout devrait progressivement rentrer dans l'ordre. Dans la capitale, le président Kabila a voté dans un bureau de vote du quartier de La Gombe et les 21 autres candidats devraient suivre durant cette journée à haut risque qui cristallise l'actualité africaine depuis quelques jours.

21 candidats et 3 favoris

Les électeurs congolais auront le choix sur 21 candidatures à la présidentielle, desquelles se détachent trois principaux favoris. Il s'agit du dauphin désigné du chef de l'Etat, l'ancien ministre de l'Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadary, qui se présente au nom du FCC, l'opposant Martin Fayulu de la coalition Lamuka, ainsi que Félix Tshisekedi, lui aussi de l'opposition politique. Les opérations de vote se dérouleront jusqu'à 17h00 (16H00 GMT) et selon plusieurs observateurs, les électeurs commencent à affluer pour accomplir leur devoir. En plus de l'élection présidentielle, se déroulent parallèlement les élections législatives pour la désignation des députés nationaux et provinciaux.

Le scrutin se déroule sous haute tension comme en témoigne l'impossibilité pour les candidats de signer un code d'honneur, une initiale de la SADC qui a tenté jusqu'à la veille du jour J de rallier mais en vain les principaux candidats. Afin de garantir la sécurité des opérations, les frontières terrestres, aériennes et fluviales de la RDC avec ces neuf pays voisins ont été fermées par les autres, bien que cela va empêcher quelque 40 000 électeurs résidents par exemple au Rwanda, de pouvoir voter. Ils ne seront pas les seuls puisqu'en milieu de semaine, la CENI a décidé de reporter à mars prochain, les élections dans les circonscriptions électorales de Béni, Butembo et Yumbi.Officiellement, c'est pour des raisons sécuritaires et sanitaires selon le président de la Commission, Corneille Nangaa, mais pour l'opposition dont c'est le fief, c'est un prétexte pour écarter près de 3% du collège électoral. La population de ces régions a d'ailleurs manifesté sa colère à la suite de cette décision et en ce jour de vote, un scrutin dit populaire a été organisé à Béni.

Inquiétudes et incertitudes

Les élections se déroulent également sans la présence d'observateurs occidentaux à la demande des autorités de la RDC, la CENI a d'ailleurs refusé toute aide logistique notamment de la MONUSCO, malgré les difficultés pour acheminer le matériel à temps dans tout le vaste pays. La veille, le chef de la délégation de l'UE en RDC a quitté le pays après que le ministère des Affaires étrangères lui ait notifié, 48H auparavant, qu'il est persona non grata, une mesure de rétorsion aux sanctions européennes visant notamment le candidat du régime.

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 Depuis le début du processus, l'opposition n'a cessé de dénoncer des tentatives de fraudes accusant la CENI de rouler pour le pouvoir notamment avec les fameuses machines à voter, une première dans le pays. Des accusations que rejettent le régime de Kabila et la CENI qui n'a pas pu donner les gages nécessaires à tous les candidats ni à la communauté internationale, pour la sincérité et la transparence du scrutin. Tout va donc se jouer durant l'étape décisive de la compilation et de la transmission des résultats, la CENI s'étant accordée jusqu'au 6 janvier prochain pour proclamer les résultats provisoires avant que la Cour constitutionnelle ne statue définitivement sur le vainqueur de l'élection qui devrait être connu d'ici le 19 janvier. En attendant et malgré un début relativement clame du scrutin, c'est l'incertitude sur l'issue du processus, principalement au niveau des pays de la sous-région qui s'inquiètent des répercussions d'une crise post-électorale dans ce vaste et grand pays d'Afrique qu'est la RDC.

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