Sanctions contre Shadary : Kinshasa hausse le ton contre l’UE

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(Crédits : Reuters)
Une menace assortie d’un ultimatum fixé au plus tard au 23 décembre 2018, soit le jour même des élections présidentielles, législatives et provinciales. En menaçant l’Union européenne de mesures de rétorsion, Kinshasa espère influer sur la décision que va prendre, début décembre l’organisation européenne sur le prolongement ou non des sanctions contre plusieurs responsables congolais dont Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin de Joseph Kabila à la présidentielle

Pour Kinshasa, l'équation est simple : les sanctions de l'UE contre Emmanuel Ramazani Shadary doivent être retirées ou suspendues avant la présidentielle du 23 décembre prochain ; Au cas contraire, les autorités congolaises se sentiront obligées de prendre des mesures de rétorsion à l'encontre de membres ou d'intérêts européens en RDC.

Aller au clash

Dans le bras de fer qui l'oppose à l'UE, Kinshasa semble être décidée à aller au clash. Aux européens qui ont pris des sanctions consistant à des gels d'avoirs à l'étranger et des interdictions de voyage contre des responsables congolais, Kinshasa enjoint de retirer ses restrictions. Dans le cas contraire, « la RDC se verrait dans l'obligation de se réserver à son tour son droit souverain de prendre des mesures de rétorsion qui s'imposent, dont elle préfère taire en ce moment la nature et l'ampleur», prévient Léonard She Okitundu , le chef de la diplomatie congolaise.

En décembre 2017, en pleine période d'incertitude sur le départ de Joseph Kabila, un an après l'expiration de son mandat, l'UE met la pression sur Kinshasa en décidant de sanctionner près d'une vingtaine de responsables congolais notamment  le ministre de l'Intérieur Ramazani Shadari, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende ou encore le directeur de l'Agence nationale de renseignement, Kalev Mutondo. Les recours judiciaires et diplomatiques de Kinshasa n'y changent rien, l'UE reste toujours sur sa position.

Aujourd'hui que la RDC semble se diriger vers une transition au sommet, les autorités estiment que les sanctions visant Emmanuel Ramazani Shadary, le porte-étendard du Front commun pour le Congo (FCC) à la présidentielle, doivent être levées ou suspendues au nom d'une égalité entre les candidats. Car ses concurrents dans la course au Palais national ne vont pas se priver de lui rappeler son passé entaché par des répressions contre des manifestants, la raison officielle des sanctions prises à son encontre.

Coudées franches pour Shadary

La nouvelle contre-attaque des autorités congolaises intervient alors que le comité des sanctions de l'UE doit se réunir à nouveau, début décembre pour décider de la prolongation ou non des sanctions. Il faut dire que dans l'hypothèse où il serait élu, les déplacements d'Emmanuel Ramazani Shadary pourraient n'être confinées que dans l'espace africain, plusieurs pays européens ne pouvant l'accueillir pour son interdiction de voyage.

Le timing est donc bien choisi pour Kinshasa, menaces concrètes mais voilées à l'appui de son haussement de ton. Aux observateurs européens déclarés non grata pour l'observation des élections, pourraient donc s'ajouter l'exercice par Kinshasa de «son droit souverain de prendre des mesures de rétorsion qui s'imposent, dont elle préfère taire en ce moment la nature et l'ampleur».

Mais une source très au fait des dossiers, jointe par La Tribune Afrique indique que « la palette de sanctions pourrait se rapprocher de mesures similaires à celles prises face à la Belgique». Ces mesures évoquées, prises en février 2018, concernaient des limitations de dessertes, une fermeture d'ambassades et de consulats de part et d'autre et la fermeture de la Maison Schengen qui gère les demandes de visa. Engagée dans une « guerre psychologique » contre l'UE qui ne dit pas son nom, Kinshasa semble vouloir aller jusqu'à l'extrême pour laisser les coudées franches au candidat de la majorité.

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