Madagascar : partage sans anicroche des maroquins au gouvernement

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Le Premier ministre malgache Christian Ntsay, lors de la cérémonie de prise de pouvoir avec son prédécesseur Olivier Mahafaly, le 6 juin 2018 à  in Antananarivo.
Le Premier ministre malgache Christian Ntsay, lors de la cérémonie de prise de pouvoir avec son prédécesseur Olivier Mahafaly, le 6 juin 2018 à in Antananarivo. (Crédits : Reuters)
Christian Ntsay vient de résoudre l’une des équations les plus difficiles de sa mission à la primature. Le nouveau Premier ministre technocrate s’est sorti avec brio de l’épineuse question de la formation de son équipe gouvernementale. Le partage des postes entre les différentes formations politiques s’est fait sans escarmouche ou presque. En conformité avec l’injonction de la Haute cour constitutionnelle, le gouvernement qui organisera les élections dans quelques mois est devenu d’«Union nationale».

«Quand il est question de l'intérêt supérieur de la nation, fierté et revendications partisanes sont mises de côté». Hery Rajaonarimampianina peut souffler avec le consensus trouvé autour de la formation du gouvernement d'union nationale, dans les délais fixés par l'arrêt de la Haute cour constitutionnelle de Madagascar.

Christian Ntsay a résolu l'équation

Une semaine après sa nomination en remplacement d'Olivier Mahafaly Solonandrasana, son prédécesseur poussé à la sortie par la Haute cour constitutionnelle, Christian Ntsay a dévoilé la composition de son gouvernement ce lundi 11 juin au soir, dans les délais fixés par la plus haute juridiction du pays. Le technocrate de 57 ans s'est plutôt bien tiré des querelles partisanes pour le partage de maroquins ministériels. Tiraillé, le nouveau locataire de l'Hôtel de la primature l'a été.

Jusqu'au moment de la clôture de la liste des membres du gouvernement, le MAPAR d'Andry Rajoelina revendiquait la majorité aux législatives de 2013, pris comme base pour la formation de la nouvelle équipe. Son rival du HVM, le parti au pouvoir, créé après ces législatives de référence et qui avait débauché des députés issus des autres camps, n'envisageait pas de perdre les ministères de souveraineté. Le TIM de Marc Ravalomana, qui arbitrait ses tiraillements partisans, voulait aussi sa part du gâteau.

C'est peu dire que la formation du gouvernement revêtait, pour Christian Ntsay, les formes d'un exercice proche de la quadrature du cercle. L'ancien haut fonctionnaire a quand même résolu l'exercice en prenant soin de ne pas froisser les sensibilités politiques de ses capricieux interlocuteurs.

Au final, Christian Ntsay a formé une équipe de 30 ministres. Un effectif pléthorique pour la Grande-île mais qui a le mérite de contenter tous les acteurs pour sortir le pays du spectre du chaos qui pouvait naître de la crise politique.

30 ministres après un théâtre d'ombres des politiciens

Le HVM s'adjuge la part du lion avec 11 ministères dont ceux de souveraineté, comme la Défense, les Finances ou le Budget. Le MAPAR quant à lui a obtenu cinq sièges au gouvernement dont l'Aménagement du territoire, crucial pour les échéances électorales à venir. Le TIM a reçu deux maroquins dont celui de l'Industrie.

Côte à côte, les ennemis politiques d'hier vont siéger dans la même salle du Conseil des ministres, après avoir joué à se faire peur par démonstration de forces politiques interposées. C'est le petit peuple de la Grande-île qui en pâtit, lui qui réclame une amélioration de sa vie quotidienne par l'accès au travail, aux soins, bref à une vie décente. En lieu et place, les politiques ont encore joué leur théâtre d'ombres pour espérer grappiller quelques postes confortablement rémunérés.

Plus loin, la prochaine frayeur sur la Grande-île sera d'observer et voir si cette équipe hétéroclite pourra survivre jusqu'aux élections générales qu'elle se doit d'organiser avant la fin de la «saison sèche», c'est-à-dire avant septembre. Au moindre claquage de porte, à la moindre saute d'humeur, au moindre ajustement de calcul politique, la cohésion politique ainsi retrouvée pourrait voler en éclats et le pays s'engouffrer dans une longue crise politique.

Mais pour l'heure, alors que tout le monde a les yeux rivés sur la présidentielle depuis le siège de son poste, l'on espère qu'ils seront sages de répondre à l'injonction du président juste après la formation de ce nouveau gouvernement. «Je vous souhaite bon courage. Ne décevez pas la nation» !

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