Mauritanie  : les observateurs internationaux « non grata » dans les bureaux de vote

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En juin 2014, alors que les élections sont boycottées par la quasi totalité des partis de l'opposition, le président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz est réélu à la tête du pays avec 81% des voix.
En juin 2014, alors que les élections sont boycottées par la quasi totalité des partis de l'opposition, le président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz est réélu à la tête du pays avec 81% des voix. (Crédits : Reuters)
Alors que la Mauritanie se prépare aux élections municipales, législatives et présidentielles pour cette année et l'année prochaine, l'Union pour la République a rejeté dimanche dernier l'invitation d'observateurs internationaux. Le parti au pouvoir estime que le système électoral du pays est suffisamment fiable.

L'invitation des observateurs internationaux divise toujours la classe politique en Mauritanie, alors que le pays en pleins préparatifs aux élections générales de cette année et aux présidentielles de l'année prochaine.

En effet, si les partis de l'opposition réclament toujours la supervision des scrutins par les observateurs étrangers, le parti au pouvoir, lui, ne veut pas céder sur cette question.

Dimanche dernier, dans un tweet posté sur son compte officiel, le président du parti au pouvoir, l'Union pour la République (UPR), Sidi Mohamed Ould Maham, a annoncé que la position du président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz est très claire sur cette question.

«La Mauritanie n'invitera pas d'observateurs internationaux parce qu'elle a pleine confiance dans son système électoral». Car leur venue n'est pas nécessaire », a-t-il ajouté.

Sidi Mohamed Ould Maham a toutefois précisé que si des observateurs internationaux viennent de leur propre chef ou sur invitation d'une autre partie, l'Etat ne les empêchera pas d'effectuer leur mission, sauf que «l'argent du peuple» ne sera pas dépensé pour leur prise en charge durant leur séjour dans le pays.

Elections historiques

Les scrutins de cette année et de l'année prochaine sont considérés comme historiques dans le pays. Pour la première fois après 10 ans de boycott (depuis l'élection en 2008 de l'actuel chef de l'Etat), les partis de l'opposition, regroupés au sein du Forum national pour la démocratie et l'unité (FNDU), ont en effet confirmé leur intention de participer aux élections.

«Elles [élections] représentent une importance toute particulière de l'histoire du pays», a déclaré le porte-parole du FNDU, Mohamed Ould Maouloud, également président de l'Union des forces du progrès.

«Nous allons participer aux élections, malgré l'échec des pourparlers et la décision du pouvoir d'organiser des consultations électorales de façon unilatérale», avait-il annoncé la semaine dernière. Selon lui, le pouvoir et le FNDU ont eu des négociations secrètes au cours des deux derniers mois lesquelles «étaient positives du fait qu'elles ont constitué une occasion pour aborder plus d'un sujet».

Sauf qu'en dehors des désaccords sur l'invitation des observateurs internationaux, la composition de la Commission électorale nationale et indépendante (CENI) reste également un point de désaccord entre opposition et pouvoir. La Charte  nationale pour l'alternance en Mauritanie (CNA), un parti de l'opposition qui regroupe d'anciens membres du gouvernement et du Sénat dissous, des juristes, des journalistes et des personnalités indépendantes, a estimé que la CENI exclut certains acteurs.

«Nous dénonçons l'exclusion d'une grande partie de l'opposition de cette formation après avoir réclamé son droit à la participation et son intention de prendre part aux élections», a déclaré le parti en accusant le pouvoir de faire «une violation injustifiée de la loi et des traditions démocratiques».

La CNA a expliqué que cette manière de procéder «suscite l'inquiétude, car elle accentue la crise politique et approfondit l'absence de confiance entre les protagonistes».

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