Soudan du Sud : Washington prend de nouvelles sanctions contre le gouvernement

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Les USA durcissent le ton face au gouvernement sud-soudanais. Ici, le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, rencontre l'ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies, Nikki Haley, à Juba, le 25 octobre 2017.
Les USA durcissent le ton face au gouvernement sud-soudanais. Ici, le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, rencontre l'ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies, Nikki Haley, à Juba, le 25 octobre 2017. (Crédits : Reuters)
Pour intensifier leur pression sur les dirigeants sud-soudanais dans la recherche d'une sortie de la guerre civile qui frappe le pays, les Etats-Unis viennent de prendre de nouvelles sanctions contre le pays. Cette fois-ci, ce sont les compagnies pétrolières et des départements d'Etats, soupçonnés de financer le conflit, qui sont pointés du doigt. Une décision critiquée par Juba qui l'a qualifié de ''contre-productive''.

Les Etats-Unis ne relâchent pas leur pression mise sur le gouvernement du Soudan du Sud. Après l'embargo sur les armes prononcé en février dernier qui semble ne pas produire beaucoup d'effet, l'Administration du président Donald Trump a choisi de cibler le secteur pétrolier pour faire plier le Soudan du Sud. Le Trésor américain a annoncé ce week-end des sanctions contre 15 compagnies pétrolières du pays, accusées d'alimenter la guerre civile. Washington estime que ces sociétés versent leurs revenus à l'Etat qui acquiert des armes qui sont utilisées de manière irrégulière, entravant ainsi le processus de paix au Sud Soudan.

« Le gouvernement sud-soudanais et des acteurs officiels corrompus utilisent cet argent pour acheter des armes et financer des milices non régulières qui sapent la paix, la sécurité et la stabilité », a expliqué Heather Nauert, porte-parole du département d'Etat américain.

Au rang des compagnies et services sanctionnés, on citera entre autres le ministère sud-soudanais des mines, mais aussi celui en charge du Pétrole, l'entreprise d'Etat Nile Petroleum, la Dar Petroleum Operating Company, une entreprise gérée par un consortium sino-malaisien. Les fonds de ces sociétés aux USA ne seront pas gelés par le Trésor américain, mais pour leurs activités commerciales avec les Américains, une autorisation spéciale est désormais requise. « Cette décision les prive des licences nécessaires pour importer l'équipement technique de cette industrie, et resserre la vis sur les moyens d'exporter le pétrole et ses produits », précise le communiqué du Trésor américain annonçant la sanction. Les Etats-Unis attendent que ces sanctions poussent Juba à faire preuve de la volonté politique nécessaire pour mener à bien les pourparlers de paix menées par l'IGAD (Intergovernmental Authority on Development).

Juba ne digère pas la décision

La décision américaine ne fait évidemment pas plaisir aux autorités sud-soudanaises. Face à la presse, le porte-parole du gouvernement sud-soudanais a d'abord réfuté les accusations de Washington, arguant que le gouvernement ne fait pas assez de recettes pour alimenter les conflits. « Nous ne sommes pas d'accord avec les sanctions américaines sur les sociétés pétrolières du pays », a-t-il ensuite déclaré. Réaction similaire du côté du ministère sud-soudanais du pétrole. « C'est une décision contre-productive qui ne facilite pas la restauration de la paix et de la stabilité », a réagi le ministre Ezekiel Lol Gatkuoth cité par Rfi.

Le pétrole au Sud-Soudan est d'une importance capitale. D'après les données de la Banque mondiale, cette ressource représente l'essentiel des exportations du pays et 60% de son PIB. La production pétrolière du pays devrait d'ailleurs doubler cette année et atteindre les 290.000 barils par jour. Une production qui trouvera difficilement des débouchés, alors que les USA, premier bailleur de fonds du pays, ont appelé leurs partenaires à suivre leurs pas.

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