Maurice : la présidente Ameenah Gurib-Fakim refuse de démissionner

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(Crédits : DR)
Alors que le Premier ministre a annoncé la semaine dernière, la démission de la présidente, Ameenah Gurib-Fakim a annoncé ce mardi 14 mars qu’elle reste à son poste. Mis en cause par la presse locale pour un présumé scandale financier, la présidente mauricienne réfute tout en bloc et se dit déterminé à se défendre devant la justice.

J'y suis et je j'y reste ! C'est en substances l'essentiel du message qu'a voulu transmettre la présidente mauricienne dans une lettre adressée par son cabinet ce mardi 14 mars. Dans le document, Ameenah Gurib-Fakim exclut toute éventualité de démission contrairement à ce qu'avait annoncé, vendredi dernier face à la presse, le Premier ministre Pravind Jugnauth .

«N'ayant rien à se reprocher et pouvant apporter des preuves corroborantes, Son Excellence AmeenahGurib-Fakim rejette toute perspective de démission. Elle est également prête à intenter une action en justice pour se défendre contre les accusations calomnieuses qui la visent».

Ce n'est pas la première fois que la présidente rejette les allégations de scandale financier qui la visaient. A travers la lettre qui est une véritable mise au point, Ameenah Gurib-Fakim, déclare vouloir «rétablir les faits et protéger son honneur et sa réputation devant ses concitoyens». Si elle a reconnu certes avoir fait des achats avec une carte bancaire de l'ONG Planet Earth Institute (PEI), elle a souligné que c'était par «inadvertance» et qu'elle a depuis mars 2017 remboursé les 27 000 dollars qu'elle avait dépensés à titre personnel.

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Dans sa lettre, la présidente mauricienne affirme également n'avoir bénéficié d'aucun «revenu, salaire, cadeau ou faveur» de la part du Planet Earth Institute durant sa présidence de l'ONG, un poste qu'elle a d'ailleurs quitté depuis.

Contre-attaque

L'unique femme chef d'Etat en Afrique, en poste depuis 2015, contre-attaque donc et met en mauvaise posture le Premier ministre qui a pourtant confirmé avoir discuté avec la présidente la semaine dernière. D'après ses déclarations publiques, elle devrait démissionner de la présidence au lendemain de la célébration, le 12 mars, du 50e anniversaire de l'île alors que des motions de destitution ont été déposées au Parlement par l'opposition.

L'affaire qui a depuis une tournure de « scandale d'Etat » est donc loin de tirer son épilogue. Tout est parti de la publication d'un journal local, L'express, qui dans sa parution du 27 février dernier avait accusé cette scientifique et biologiste de renommée internationale, d'avoir utilisé une carte bancaire fournie par une ONG pour effectuer des achats personnels. La carte bancaire lui avait été remise par l'ONG Planet Earth Institute (PEI) du sulfureux banquier angolais Alvaro Sobrinho. Le montant du shopping scandaleux s'élevait à plus de 25 000 euros selon le journal qui a publié des reçus des transactions effectués en Italie et à Dubaï. La présidente Gurib-Fakim avait certes reconnu les faits, mais maintien avoir remboursé l'argent, ce qui n'a pas atténué la polémique.

Parallèlement à cette sortie de la présidente mauricienne, l'ONG PEI a également publié un communiqué dans lequel elle confirme avoir accepté la démission d'Ameenah Gurib-Fakim le 20 mars 2017 et qu'elle avait «remboursé l'argent utilisé à travers la carte de crédit qui avait été mise à sa disposition».

Avec ces nouveaux éléments, l'affaire prend une autre tournure et désormais, le Premier ministre est lui-même dans le collimateur de certains partis politiques. Le chef du gouvernement qui détient l'essentiel du pouvoir exécutif n'a pas encore réagi à ce rebondissement mais de l'avis de plusieurs médias du pays, cette affaire risque de prendre en otage le sommet de l'Etat en attendant la rentrée parlementaire prévue le 27 mars.

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