Île Maurice : la présidente Ameenah-Garib poussée à la démission pour « shopping scandaleux »

 |   |  648  mots
(Crédits : DR)
La présidente mauricienne Ameenah-Garib Fakim va finalement démissionner à la suite des révélations faites par la presse sur un scandale dans lequel elle était impliquée. En poste depuis 2015, celle qui est actuellement la seule femme du continent à détenir le titre de présidente est accusé d’avoir fait du shopping personnel avec une carte bancaire fournie par une ONG aux ramifications controversées.

Le cadeau le plus désagréable de l'année pour la célébration de la journée internationale de la femme revient à la présidente mauricienne qui va devoir quitter son poste. Les choses sont allées très vite pour Ameenah-Garib Fakim dont la démission est attendue juste après la commémoration, le 12 mars prochain, des 50 ans d'indépendance du pays. L'annonce a été faite ce vendredi matin par le premier ministre Pravind Jugnauth à la suite du conseil de cabinet qui s'est tenu, jeudi soir, et au cour duquel la décision de faire partir la présidente a été actée. « La présidente de la République m'a confié qu'elle démissionnerait de ses fonctions. Nous sommes tombés d'accord sur la date de son départ, mais nous ne pouvons pas annoncer la date », a fait savoir le chef du gouvernement.

C'est le 28 février dernier que le journal local « l'Express » a révélé l'affaire dans un article intitulé « les folles dépenses de madame la présidente » et dans lequel il est rapporté que Ameenah Gurib-Fakim a obtenu en mai 2016 deux cartes de crédit, « Platinum », avec chacune une limite d'un million de roupies (31.250 dollars) et qui sont destinées à couvrir des dépenses au titre de l'organisation. Sauf que d'après le journal, les dites cartes auraient été utilisées pour des achats d'articles de luxe dans des boutiques hors taxes à Dubaï et à Maurice ainsi que dans une boutique de mode en Italie. Malgré la publication des récépissés prouvant les transactions, la présidente a réfuté tout en bloc. « Je n'ai absolument rien à me reprocher » se défendait d'ailleurs mercredi dernier dans une allocution à l'occasion d'une cérémonie officielle au palais présidentiel, la présidente qui a fait savoir qu'elle avait déjà remboursé les achats effectués avec cette carte de crédit et coupé les liens avec l'ONG PEI. Le fait que l'ONG soit financée par l'homme d'affaire angolais Alvaro Sobrinho, un milliardaire sulfureux et impliqué dans divers scandales sur le continent et en Europe.

« J'ai la conscience claire car je n'ai absolument rien à me reprocher». Ameenah Garib-Fakim

Des déclarations qui n'ont fait qu'ajouter à la polémique qui a enflé dans le pays sur ce « scandale financier » au sommet de l'Etat. Alors que l'opposition exigeait la démission de Ameenah Gurib-Fakim, le gouvernement menait des concertations pour décider de son sort. Des procédures de destitution ont été un temps même envisagées avant que la parade ne soit trouvée à travers cette démission forcée qui sera effective dans les prochains jours. Selon les explications du chef du gouvernement, c'est elle-même qui a accepté de démissionner au regard de l'ampleur prise par la polémique. Cependant, plusieurs sources locales notamment dans les médias, rapportent qu'elle n'avait visiblement pas d'autres choix.

Poste honorifique mais symbolique

La journée historique de la femme de ce 8 mars aura donc eu un goût amer pour Ameenah Gurib-Fakim qui est actuellement la seule femme à détenir ce poste sur le continent. Bien que son titre ne soit qu'honorifique, l'essentiel des pouvoirs exécutifs étant dévolu au gouvernement, c'est un revers pour celle qui était en poste depuis juin 2015. C'est aussi la première femme de l'histoire du pays à accéder à ce rang, une consécration pour cette scientifique qui n'est arrivée en politique que sur le tard.

En attendant la suite de l'affaire qui continue à cristalliser l'actualité du pays, le coup est assez dure pour Ameenah Gurib-Fakim qui avait promis une meilleure gouvernance lors de son mandat. Elle va devoir désormais défendre sa réputation devant la justice car malgré cette issue malheureuse pour sa carrière politique qui n'a été que brève, elle continue de clamer son innocence.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :