Sierra Leone : un triple scrutin pour tourner la page Bai Koroma

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Après deux mandats, le président Ernest Bai Koroma laisse un bilan en demi-teinte.
Après deux mandats, le président Ernest Bai Koroma laisse un bilan en demi-teinte. (Crédits : Reuters)
Les sierras-léonais ont massivement voté, mercredi 7 mars, pour désigner les nouvelles autorités politiques du pays. A la présidence, trois favoris briguent la succession du président Ernest Bai Koroma dans un scrutin qui s’annonce très serré. Après deux mandats, le bilan du président sortant laisse encore à désirer, le pays ne s’est toujours pas relevé de la décennie de guerre civile qu’il a connut dans les années 90 et qui a fait plus de 120.000 morts.

Le mercredi 7 mars, c'était le jour de vote en Sierra Leone. Plus de trois de millions d'électeurs étaient en effet appelés aux urnes pour élire un nouveau président, un nouveau Parlement et de nouvelles autorités locales. Le vote s'est déroulé dans le clame sur l'ensemble du territoire selon le premier constat dressé par les observateurs internationaux de la CEDEAO, de l'UA ou du Commonwealth.

Après deux mandats, le président Ernest Bai Koroma n'est plus candidat et les sierra-léonais vont devoir choisir son successeur parmi 16 prétendants, dont deux femmes, à la présidence. Dans le lot, trois favoris se détachent, ce qui fait de ce quatrième scrutin général qu'organise le pays depuis la fin de la guerre civile de 2002, l'un des plus serrés de son histoire. Il s'agit d'abord de Samura Kamara, actuel ministre des Affaires étrangères et candidat du parti au pouvoir, APC. Ensuite vient l'opposant Julius Maada Biodu du SLPP, un ancien militaire putschiste qui s'était déjà présenté à la course présidentielle en 2012. Enfin, le troisième prétendant sérieux est un dissident du SLPP, principal parti de l'opposition, Kandeh Yumkella.

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Au regard des pronostics et de a campagne, tous les trois favoris ont des chances de l'emporter même si le scénario le plus attendu est un deuxième tour entre Samura Kamara et Julius Maada Biodu.

Enjeux socio-économiques

Avec ces élections générales, les sierra-léonais se préparent donc à tourner la page Ernest Bai Koroma dont les deux mandats prennent fin avec un bilan assez critiqué. Le pays ne s'est toujours pas relevé de la décennie d'instabilité politique et de guerre civile qu'il a connu dans les années 90. En plus des 120.000 morts enregistrés, l'économie du pays s'est effondrée et aujourd'hui encore, la Sierra Leone affiche des indicateurs parmi les moins reluisants du monde en termes de développement humain. Il est vrai que le pays a connu d'autres crises qui n'ont pas facilité la tâche au président sortant. C'est le cas de l'épidémie d'Ebola de 2014 qui a fait 4.000 morts dans le pays. Cependant, certains observateurs ainsi que les opposants mettent également en cause la gestion du président sortant dont certains proches ont été accusés de corruption.

L'un des principaux défis du prochain président sera donc de relancer l'économie du pays afin de pouvoir satisfaire aux attentes sociales qui deviennent de plus en plus pressantes pour ce petit pays d'Afrique de l'Ouest mais très riches en ressources minières notamment en diamants.

La dynamique de croissance du pays depuis 2010 est un cas assez atypique comme en témoigne l'évolution des principaux indicateurs macroéconomiques. Avec la découverte de minerai de fer en 2011, le secteur extractif est devenu le principal moteur de la croissance, générant un taux de croissance sans précédent de 21 % en 2013. Toutefois, comme l'a mis en évidence la BAD dans son dernier rapport sur le pays, avec la baisse des cours du minerai de fer et l'épidémie du virus Ebola en 2014, l'économie s'est contractée de 20,6 % en 2015. La remise en exploitation de l'une des deux compagnies de minerai de fer a favorisé une reprise économique, avec un taux de croissance de 6,3 % en 2016, estimé à 5,7 % en 2017. La BAD anticipe que les « perspectives pour 2018 et au-delà restent difficiles, en raison de l'incertitude des cours du minerai de fer ». La croissance du PIB devrait s'établir à 6,1 % en 2018 et 6,5 % en 2019 selon les mêmes estimations.

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