Egypte : Tiran et Sanafir désormais îles appartenant à l'Arabie saoudite

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Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le roi Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud, le 23 avril 2017 à Riyad, la capitale de l'Arabie saoudite.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le roi Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud, le 23 avril 2017 à Riyad, la capitale de l'Arabie saoudite. (Crédits : Reuters)
La décision égyptienne de céder ces deux îlots inhabités, mais hautement stratégiques sur la Mer rouge, avait suscité un tollé. Dans le camp des anti-rétrocessions, on s'accrochait encore à l'espoir de voir la Haute Cour constitutionnelle annuler la décision d'Abdel Fattah al-Sissi. Mais à la parution du verdict, les îlots Tiran et Sanafir vont désormais être placés sous souveraineté de l'Arabie saoudite.

Tout avait pourtant bien commencé. En plein débat sur la souveraineté des îlots Tiran et Sanafir, la Haute Cour constitutionnelle d'Egypte avait suspendu toutes les décisions rendues sous la polémique et la contradiction. C'était à la mi-juin dernière.

Débat houleux dans l'opinion et polémique en justice

La Cour semblait vouloir se donner le temps de déterminer la juridiction compétente pour trancher le litige. Sa décision faisait suite à un vote particulièrement houleux, ponctué de débats à invectives. Le 14 juin, les députés égyptiens avaient entériné un accord de rétrocession des deux îlots passé en 2016 entre Le Caire et Riyad.

Il faut dire que l'argument utilisé pour céder la souveraineté des deux îlots situés sur le golfe Aqaba, était assez bancal. Selon les arguments égyptiens appuyant la rétrocession, l'Egypte, sur demande de l'Arabie saoudite, ne faisait qu'assurer la protection des deux bouts de terre depuis 1950. Le camp d'en face fait valoir que ces îles ont un statut de «fierté nationale» en ce qu'elles symbolisent un retour sous souveraineté égyptienne depuis le traité de paix de 1979 consécutif à la guerre israélo-arabe de 1967.

Un «cadeau» de bienvenue pour le prince Salmane

Le débat sur la souveraineté des deux îles avait focalisé l'attention de l'opinion publique égyptienne. Des manifestations monstres avaient eu lieu au Caire pour réclamer l'annulation du vote du Parlement. Mais le président égyptien avait passé outre et pris un décret officiel, le 24 juin 2017, pour acter la rétrocession de Tiran et Sanafir. Les deux îlots permettent de contrôler l'accès au port israélien d'Eilat grâce au détroit de Tiran.

Dans une décision rendue ce samedi 3 mars, la Haute Cour constitutionnelle a annulé toutes les décisions en faveur de l'annulation de la rétrocession et de sa validation. Cette décision marque la fin d'un long suspense judiciaire en Egypte qui aura tenu le pays en haleine pendant des mois. La même décision lève en même temps les derniers écueils à l'application de l'accord de 2016.

En Egypte, certaines indiscrétions expliquent l'aboutissement de ce processus judiciaire comme un cadeau de bienvenue d'Abdel Fattah al-Sissi, homme lige de Riyad à son suzerain, le prince héritier Mohammed Ben Salmane d'Arabie Saoudite qui entame sa visite régionale ce dimanche 4 mars par Le Caire. Les îlots Tiran et Sanafir sont désormais saoudiens.

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