Afrique du Sud : rien ne va plus pour Jacob Zuma !

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Le président Jacob Zuma aurait demandé un délai de 3 mois avant de présenter sa démission à la tête du pays.
Le président Jacob Zuma aurait demandé un délai de 3 mois avant de présenter sa démission à la tête du pays. (Crédits : Reuters)
Le dernier carré de défense du président sud-africain semble bel et bien avoir cédé. Preuve en est, l’appel du Comité exécutif national de l’ANC au chef de l’Etat de démissionner dans les 48 heures. Un appel qui intervient à l'issue de la réunion marathonienne du comité, tenue dans la nuit du 12 au 13 février à Pretoria. Pour l’heure, Zuma n’aurait pas donné d’avis favorable à son parti et aurait proposé un délai de 3 mois pour quitter le pouvoir.

L'ANC vient d'annoncer le limogeage de Jacob Zuma en tant que chef d'Etat, selon la presse locale et internationale. Cette décision du parti vient après des négociations marathoniennes au sein de l'exécutif national du Congrès national africain (ANC) pour statuer sur le sort du président. Selon Reuters, les 13 heures de réunion ont été marquées par des échanges tendus entre Jacob Zuma et son successeur à la tête du parti, le vice-président Cyril Ramaphosa.

L'arroseur arrosé

En théorie, le comité exécutif a justifié sa décision de «rappeler» le chef de l'Etat par le principe que, comme tout membre du parti, Jacob Zuma a été «déployé» dans une fonction et qu'il doit encore se conformer à la décision du parti. Bien que cette mesure n'a aucun poids légal, elle a pourtant coûté son poste à Thabo Mbeki en 2008.

Le prédécesseur de Jacob Zuma s'était en effet incliné devant la décision de son parti. Un geste qui avait poussé le comité exécutif du parti à saluer la «discipline» de l'ex-président et successeur de Nelson Mandela. Plus que le respect de la discipline du parti, Mbeki risquait, en cas de désaccord, de tomber sous le coup d'une procédure de destitution ou d'une motion de défiance parlementaire. Un cas de figure qui lui aurait fait perdre au passage les avantages du statut d'ancien chef de l'Etat.

Le comité exécutif change de veste

Zuma, qui n'a toujours pas réagi, disposerait de 48 heures pour déposer sa démission. Selon son entourage, il aurait de son côté demandé un délai de 3 mois de mettre de l'ordre dans ses affaires et présenter son successeur Cyril Ramaphosa auprès des organisations internationales. Pour l'heure, la situation de Jacob Zuma, qui a démontré une capacité de résilience aux tentatives de déstabilisation qu'il a connues depuis 2016, semble pliée.

Le toilettage du comité exécutif du parti, qui jusqu'à quelques semaines était contrôlé à moitié par des fidèles de Zuma, a permis à Ramphosa de faire sauter l'un des derniers verrous défensifs du président. Depuis son arrivée à la tête de l'ANC en décembre dernier, Ramaphosa s'est employé à retourner un par un les alliés du président au sein de l'instance névralgique du parti. Résultat des comptes, ceux-là mêmes qui défendaient bec et ongles le président depuis 2016 l'ont sacrifié dans la nuit du 12 au 13 février.

Ramener de l'ordre dans la maison avant 2019

Ce qui est sûr, c'est que l'image publique de l'ANC, déjà écornée par les scandales à répétitions, ne devrait pas s'améliorer en cas d'aggravation de la situation. En poussant Zuma vers la sortie, l'objectif de l'ANC serait de s'offrir une année de répit avant les élections de 2019, ressouder les rangs du parti miné par les crises successives et redonner aux Sud-africains une bonne image de l'ANC.

L'opposition compte bien profiter de l'évolution de la situation, en témoigne l'appel de l'Alliance Démocratique de dissoudre l'Assemblée nationale et d'organiser des élections anticipées. Le principal parti d'opposition souhaite également avancer, à cette semaine, la prochaine motion de censure, initialement prévue ce 22 février.

«Tout le monde en Afrique du Sud appelle à la démission de Jacob Zuma. L'opposition, présente ici, dit qu'il doit partir. Les différents mouvements religieux disent qu'il doit partir, le comité exécutif de l'ANC dit qu'il doit partir. Il n'y a que Jacob Zuma qui refuse de partir. Dans ce contexte, nous ne pouvons pas nous contenter d'être spectateurs des rivalités au sein de l'ANC. Nous devons recourir au Parlement et voter une motion de défiance qui nous débarrassera de Jacob Zuma», a lancé Mmusi Maimane, leader de l'Alliance Démocratique lors d'une conférence de presse.

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