Egypte : l'offensive « militaro-politique » d'Al Sissi

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(Crédits : Reuters)
Abdel-Fattah Al Sissi semble décidé à 'pacifier' le Sinaï, le Delta du Nil et le désert occidental comme en témoigne l’offensive militaire lancée le 9 février. En plus de reprendre en main des zones frontalières de la bande de Gaza et d’Israël ou bordant le très stratégique canal de Suez, cette offensive vise également à regagner les faveurs de l’opinion publique à l’approche des élections présidentielles de mars 2018.

Le Caire vient de lancer le vendredi 9 février, une « large offensive » sécuritaire, couvrant la péninsule du Sinaï, le delta du Nil et désert occidental. L'objectif des autorités égyptiennes et de resserrer le contrôle de ses frontières terrestres et maritimes, à l'approche des élections présidentielles prévues pour mars prochain.

5 ans d'insurrection

Cette offensive a débuté par des frappes aériennes sur des positions qui seraient « utilisées dans des attaques contre les forces de l'ordre et des cibles civiles dans le nord et le centre du Sinaï », selon l'armée égyptienne. Les médias publics ont de leur côté annoncé que trois personnes avaient été abattues au Caire et que quatorze autres avaient été arrêtées pour complot visant à perturber les élections présidentielles à venir où Abdel-Fattah El Sissi est largement favori pour un second mandat.

L'armée et la police égyptiennes font face depuis des années maintenant à une insurrection de groupes se réclamant de l'Etat islamique et d'Al Qaïda dans les régions septentrionales du Sinaï, frontalières avec la bande de Gaza et Israël et qui bordent le canal de Suez. Ce conflit a largement impacté les finances publiques, handicapant au passage une économie affaiblie par des années d'instabilité politique.

Une majeure partie du Sinaï échappe ainsi au pouvoir central depuis l'arrivée au pouvoir d'Al Sissi en 2013. Les attaques ciblant policiers, soldats et civils se sont multipliées démontrant une capacité de résiliences des insurgés qui ont profité dans un premier temps des accords de paix entre l'Egypte et Israël, qui faisaient du Sinaï une zone démilitarisée pour prendre position dans la région, du chaos libyen ou encore de la fin de la très lucrative contrebande avec Gaza sous blocus pour s'installer durablement dans la zone.

Opération militaire ou communication politique ?

Le chef d'Etat a donné pour consigne aux forces armées « d'écraser l'insurrection à la fin du mois de février ». Cette campagne mobilisera ainsi l'infanterie, la marine, l'armée de l'air, les gardes-frontières et la police, impliquant des milliers de soldats. « Les forces armées appellent le peuple égyptien dans toutes les régions du pays à coopérer étroitement avec les forces de l'ordre pour lutter contre le terrorisme, le déraciner et signaler immédiatement tout élément menaçant la sécurité et la stabilité du pays », a déclaré le colonel Tamer Rifai, porte-parole de l'armée à la télévision publique.

Bien que censé renforcer l'image du président à l'approche des élections présidentielles, le succès ou l'échec de cette opération militaire ne devrait pas avoir d'incidence leur résultat. Al Sissi ne fait face qu'à un seul "challenger", lui-même partisan de sa réélection.

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