Burkina : comment le président Kaboré a remanié le gouvernement Kaba

Le président burkinabé a procédé, dans la soirée de mercredi, à un profond remaniement du gouvernement. Le premier ministre Paul Thiéba Kaba est maintenu à la tête d’une nouvelle équipe de 33 membres avec 9 nouveaux entrants et surtout un jeu de chaises musicales.

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(Crédits : DR)

Le Burkina Faso a un nouveau gouvernement. C'est tard dans la soirée de mercredi 21 janvier aux environs de 22 H qu'un décret du président Roch Marc Christian Kaboré portant remaniement ministériel a été lu à la télévision nationale RTB. Très attendu depuis des semaines, le remaniement d'hier n'était vraiment pas une surprise depuis que plutôt dans la journée, le cabinet du chef de l'Etat a annoncé le report à une date ultérieure du conseil des ministres hebdomadaire qui devrait se tenir dans la même journée.

Le premier ministre, que certains médias locaux donneraient sur le départ, a été maintenu à la tête de la nouvelle équipe composée de 33 membres dont 28 ministres contre 32 pour la précédente. L'un des changements les plus notables, c'est par contre le départ de Simon Compaoré, du très stratégique ministre de la sécurité pour celui aux attributions assez vague de ministre d'Etat à la présidence. Ce qui fait de facto de ce proche parmi les proches du chef de l'Etat, un « premier ministre bis ». Déjà considéré comme le numéro 2 du régime, et du MPP le parti au pouvoir, depuis le décès de l'ancien président de l'assemblée nationale Salif Diallo, il est le seul membre de l'équipe à se voir gratifié de la distinction protocolaire de « ministre d'Etat ». Simon Compaoré est remplacé au département de la sécurité par Clément Sawadogo, qui était jusque-là à la tête de la fonction publique.

Le chef de la diplomatie burkinabé Alpha Barry conserve son poste tout comme ses homologues à la communication, Rémis Fulgence Dandjinou, à l'Economie, aux finances et au développement, Rosine Coulibaly et au ministre de l'administration territoriale et de la décentralisation avec Siméon Sawadogo. Si on compte neuf (9) entrants dans l'équipe avec plusieurs jeunes cadres et députés, le reste du remaniement a consisté en un jeu de chaises musicales malgré quelques départs notables.

Nouvelle dynamique gouvernementale

Le nouveau gouvernement est le troisième du genre du premier mandat de Roch Kaboré. Le précédent est intervenu il y a moins d'un an, le 20 février dernier. A mi-mandat, le chef de l'Etat a voulu ainsi impulser une nouvelle dynamique à l'action gouvernementale avec un accent particulier sur l'accélération de la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES).

Lire aussi : « Burkina is back ! », selon son Premier ministre Paul Kaba Thieba

Depuis quelques mois en effet, les attentes sociales se font de plus en plus pressantes avec la multiplication des grèves dans plusieurs secteurs dont la dernière série en date a concerné l'éducation. Malgré un accord signé il y  quelques jours, l'année a été en partie compromise par les séries de débrayages et il a fallut réaménager le calendrier scolaire pour espérer sauver l'année. C'est ce qui explique le départ du ministre de l'Education nationale Jean Martin Coulibaly qui a été remplacé par Stanislas Ouaro, président du l'Université de Ouaga II, l'une des principales du pays.

En plus de cette fronde sociale, les menaces sécuritaires se sont également amplifiées à la frontière avec le Niger et surtout le Mali. Le Burkina, membre du G5 Sahel subit régulièrement des attaques terroristes qui n'avaient pas épargnés la capitale pour certains analystes de l'actualité politique du pays, c'est la principale raison du départ de Simon Compaoré de la sécurité.

En somme donc, un remaniement pour un nouveau départ avec de nouveaux enjeux pour le nouveau gouvernement qui aura pour mission de répondre aux attentes des burkinabés dans un contexte économique toujours tendu. D'autant qu'avant les prochaines échéances électorales auxquelles l'opposition se prépare déjà, le président Roch Kaboré prépare une révision constitutionnelle dont l'issue sera un test grandeur nature de son bilan avant qu'il ne remette son mandat en jeu.

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