Tchad : nouveau remaniement ministériel, dans la foulée de la grogne sociale

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Le président Idriss Déby Itno fait face à une grogne sociale d'ampleur qui dénonce les mesures d'austérité imposées par son gouvernement.
Le président Idriss Déby Itno fait face à une grogne sociale d'ampleur qui dénonce les mesures d'austérité imposées par son gouvernement. (Crédits : Reuters)
Le président tchadien Idriss Deby Itno vient de limoger deux membres de son gouvernement. Il s’agit du ministre de l’administration du territoire, de la sécurité publique et de la gouvernance locale, Ahmadaye Abdelkérim Bakhit, et du ministre de la fonction publique et du travail chargé du dialogue social, Mahamat Allahou Taher.

Dans un contexte de crise socio-économique, le président tchadien Idriss Deby Itno a décidé de faire de nouveau le ménage dans son gouvernement. D'après un décret rendu public le soir du vendredi 26 janvier 2018 par le ministre secrétaire général du gouvernement, Assia Abbo, les ministres tchadiens de l'administration du territoire, de la sécurité publique et de la gouvernance locale, Ahmadaye Abdelkérim Bakhit, et de la fonction publique et du travail chargé du dialogue social, Mahamat Allahou Taher ont été limogés du gouvernement et sont automatiquement remplacés. Selon la décision du gouvernement, le portefeuille de la sécurité publique est désormais entre les mains de Ahmat Mahamat Bâchir alors que ceux de la fonction publique et du travail sont revenu à Mahamat Moukhtar Ali.

Rappelons que ces limogeages et nominations interviennent seulement un mois après le quatrième remaniement du gouvernement du Premier ministre Albert Pahimi Padacké, survenu le 25 décembre dernier.

Le nouveau ministre de la sécurité publique, Ahmat Mahamat Bâchir, devra faire face aux mouvements sociaux qui secouent le pouvoir. Il peut pour cela se targuer d'avoir occupé les mêmes fonctions en 2014.

Victimes de la grogne sociale ?

Pour beaucoup d'observateurs, ce limogeage des deux ministres n'est pas fortuit. A N'Djamena, on parle de limogeage en rapport justement avec les derniers troubles sociaux qu'a connu le pays après la mobilisation des syndicats et des fonctionnaires. Ceux-ci ont déclenché une importante grogne sociale en réponse aux mesures d'austérité imposées par l'Etat confronté à une sévère récession économique du fait de l'effondrement des cours du pétrole, la principale source des revenus du Tchad. Les syndicats et les fonctionnaires sont surtout contre la coupe des salaires et le renchérissement du coût de la vie et ont voulu le manifester.

Des sources de la presse locale avancent que le désormais ex-ministre de la fonction publique, Allahou Taher (président du RDP, parti de la majorité présidentielle), n'était pas d'accord avec l'équipe gouvernementale sur les coupes opérées sur les salaires. Quant à l'ex-ministre de l'administration du territoire, de la sécurité publique et de la gouvernance locale, Ahmadaye Abdelkérim Bakhit, la presse locale avance qu'il aurait refusé une répression proposée par le Groupement mobile d'intervention policière (GMIP).

Notons que le jeudi 25 janvier dernier, la police avait néanmoins brutalement réprimé une manifestation des fonctionnaires qui voulait protester contre les mesures du gouvernement.

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