Présidentielle en Egypte : Sami Annan, un autre candidat écarté de la succession d'Al Sissi

A peine sa candidature annoncée que le ciel politique s’est obscurci pour Sami Annan qui doit y renoncer, sous la pression de l’armée égyptienne. Curieusement, comme tous ceux qui un jour ont caressé le rêve d’occuper le fauteuil du Palais d’El Orouba du Caire, ce général à la retraite est écarté de la présidentielle de mars 2018. Seul candidat en lice, Abdel Fattah Al Sissi ira aux urnes pour une élection aux allures de plébiscite.
Ibrahima Bayo Jr.
Ancien chef d'état-major des forces armées égyptiennes, Sami Annan fonde en 2014 le Parti arabiste égyptien, avec la perspective de participer aux élections législatives 2015. Il réussira, mais le parti n'obtiendra pas de siège de député.
Ancien chef d'état-major des forces armées égyptiennes, Sami Annan fonde en 2014 le Parti arabiste égyptien, avec la perspective de participer aux élections législatives 2015. Il réussira, mais le parti n'obtiendra pas de siège de député. (Crédits : Reuters)

Tout comme l'écho de sa candidature annoncée ce samedi 20 janvier, la campagne de Sami Hafez Annan s'est brutalement interrompue. A 70 ans, le rêve de ce général à la retraite de troquer ses bottes d'ancien soldat pour des souliers de président a volé en éclats pour ne pas avoir recueilli «l'autorisation des forces armées». Un «affront» qu'il payera cher.

Autorisation de l'armée pour être candidat

Ce mardi 23 janvier, alors qu'il se trouvait au volant de sa voiture sur une avenue du Caire, l'homme est arrêté sur le chemin de son bureau à Zamalek par une escouade de la police et des forces armées. Peu de temps avant son arrestation, un communiqué lu à la télévision d'Etat l'accusait de « violation grave des lois du service militaire ». Le général Sami Annan se serait rendu coupable d'avoir «falsifié» le document attestant qu'il n'était plus officier des forces armées au moment de se porter candidat.

Et pourtant, il ne faut pas être un devin politique pour faire le rapprochement entre la candidature du général Annan et son arrestation. L'expérience de cet ancien chef d'état-major de l'armée, qui a connu le long règne de Hosni Moubarak et une partie de l'éphémère Mohamed Morsi, lui a conféré aux yeux de son parti un statut de présidentiable officialisé le 12 janvier dernier.

Le rêve s'est vite transformé en cauchemar, hanté par ses amitiés politiques notamment son rapprochement avec Hicham Geneina. C'est cet ancien président de l'Autorité de vérification des comptes publics, tombé en disgrâce auprès du pouvoir sortant pour en avoir critiqué la corruption dans un rapport, qu'Annan a choisi pour en faire son colistier et plus tard son vice-président. Un choix visiblement pas du goût de l'armée, puisque le duo commençait à gagner en notoriété et à se poser en alternative au pouvoir d'Abdel Fattah Al Sissi.

Délit d'ambitions présidentielles

L'assombrissement du ciel politique pour le candidat Sami Annan témoigne de l'existence en Egypte du «délit d'ambition présidentiel». Curieusement, ces derniers mois, tous les candidats à la présidence se sont mystérieusement rétractés, sous la contrainte. L'ancien Premier ministre Ahmed Chafik, qui s'est précipité pour rentrer d'un exil dubaïote, avait été arrêté (plutôt enlevé) dès sa descente d'avion après avoir annoncé son intention de briguer la magistrature suprême. A sa réapparition, l'homme avait renoncé miraculeusement à ce projet.

Tour à tour, l'avocat Khaled Ali, déjà candidat en 2012, le colonel Ahmed Konsowa ont aussi dû ravaler leur déclaration de candidature. Tout comme Mohamed Annouar Al Saddate, un neveu d'Annouar Al Saddate, très populaire, qui a dénoncé un climat d'oppression et un scrutin joué d'avance pour justifier sa peur de se porter candidat.

Le pouvoir userait de l'intimidation, de la menace et parfois même d'arrestations pour écarter des adversaires potentiels à la présidence. Seul en lice, Abdel Fattah Al Sissi est quasi assuré de sa réélection à un second mandat. Mais le scrutin aura des allures de plébiscite qui pourrait enregistrer un score soviétique. Sera un signe de crédibilité ?

Ibrahima Bayo Jr.
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Commentaire 1
à écrit le 10/02/2018 à 17:47
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L'egypte est dirigée par une dictature militaire de Sissi qui a succédé a une autre dictature militaire celle de Moubarek dechu par une revolution populaire. L'egyte durant toute son histoire connu que des dictatures militaires de Nasser a aujourd'h...

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