Angola : le procès de Manuel Vicente devient une affaire d'Etat entre Luanda et Lisbonne

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Manuel Vicente (g), alors PDG de la Sonangol, saluant Faria de Oliveira, PDG de la Caisse générale portugaise des dépôts, le 11 mars 2009 au Sao Bento à Lisbonne, la capitale du Portugal.
Manuel Vicente (g), alors PDG de la Sonangol, saluant Faria de Oliveira, PDG de la Caisse générale portugaise des dépôts, le 11 mars 2009 au Sao Bento à Lisbonne, la capitale du Portugal. (Crédits : Reuters)
Le procès contre l'ancien vice-président angolais, Manuel Vicente, a été ouvert ce lundi à Lisbonne, dans une affaire de corruption présumée qui remonte à sept ans. Considérant cette affaire comme une offense nationale, Luanda insiste encore pour que le procès soit transféré en Angola.

Les autorités judiciaires portugaises semblent décidées à aller jusqu'au bout dans l'affaire de corruption présumée contre l'ancien vice-président angolais. Ce lundi, un procès en contumace contre Manuel Vicente s'est en effet ouvert à Lisbonne. L'ancien dirigeant de 61 ans est accusé de corruption présumée alors qu'il occupait le poste de patron de la puissante compagnie pétrolière angolaise, SONANGOL.

La justice portugaise soupçonne ce dernier d'avoir versé une somme de 763 500 euros au procureur Orlando Figueira pour mettre fin à deux enquêtes ouvertes en 2011 et dans lesquelles Vincete est soupçonné de blanchiment d'argent.

L'information sur l'enquête avait fait surface pour la première fois dans la presse portugaise, il a cinq ans et faisait état d'une procédure qui visait plusieurs hauts responsables angolais.

Même s'il nie les accusations portées à son endroit, l'ancien dirigeant angolais ne s'est jamais rendu à Lisbonne pour ce procès et ne le fera probablement pas. Luanda refuse pour sa part de répondre favorablement aux commissions rogatoires adressées par la justice portugaise, arguant que le concerné principal dans ce procès avait occupé le poste de vice-président de la République (2012 et 2017) et qu'il jouit donc de l'immunité.

«L'immunité n'est pas un privilège»

Luanda ne voit pas d'un bon œil cette procédure et a déjà appelé les autorités portugaises à revoir leur décision, alors que les autorités angolaises et les avocats portugais de Manuel Vicente ont demandé le transfert de cette procédure judiciaire à Luanda.

«La séparation de la procédure concernant Manuel Vicente nous semble inévitable. S'il n'est pas ici aujourd'hui c'est parce qu'il ne peut pas. L'immunité n'est pas un privilège personnel, c'est une affaire d'Etat», a déclaré son avocat, Rui Patricio, à l'AFP. «Nous ne voyons aucun moyen juridiquement valable pour que ce procès puisse le concerner», a-t-il ajouté.

Une requête rapidement rejetée par Lisbonne qui a expliqué que «les autorités angolaises ne donneraient pas suite à la procédure ou, du moins, ne donnent pas de garanties qu'elles le feraient». Des propos totalement rejetés par Luanda. «Nous considérons cela comme une offense et nous n'accepterons pas d'être traités ainsi», a déclaré le nouveau président angolais Joao Lourenço, le 8 janvier dernier face à la presse.

L'ouverture de ce procès contre l'ancien patron de la SONANGOL a finalement confirmé la dégradation des relations entre les deux pays et le président angolais ne semble toujours pas près de revenir sur ses propos avancés en septembre dernier : «Pour que les relations entre l'Angola et le Portugal reviennent au niveau d'un passé récent, nous voulons un geste : remettre la procédure à l'Angola».

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