Bénin : la Cour constitutionnelle rejette la suppression du droit de grève

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Theodore Holo, président de la Cour constitutionnelle du Bénin.
Theodore Holo, président de la Cour constitutionnelle du Bénin. (Crédits : DR)
Au sein du Palais des gouverneurs à Porto-Novo, les 83 députés du parlement béninois sont désormais obligés de retoquer le texte qu’ils avaient voté le 28 décembre dernier. La Cour constitutionnelle a finalement tranché en faveur d’une révision de la loi supprimant le droit de grève aux membres de plusieurs corporations professionnelles. Le droit de grève est un droit constitutionnel, martèle l'institution.

Patrice Talon vient peut-être de perdre son bras de fer avec les puissantes centrales syndicales du Bénin. Très attendu dans un pays paralysé par une grève à effet domino, l'arrêt rendu ce jeudi 18 janvier au soir par les «Sept Sages» de la Cour constitutionnelle a tranché pour un rejet de la loi votée le 28 septembre dernier par les députés.

Droit de grève, un droit constitutionnel à «encadrer»

Ce texte qui retire le droit de grève aux agents des corps de la santé, de la justice et de l'enseignement, officiellement pour lutter contre les abus, ne recueillera pas la signature de Patrice Talon pour une entrée en vigueur. L'institution présidée par Theodore Holo indique qu'étant un «droit constitutionnel», le droit de grève ne peut être supprimé. Dans le même arrêt, la Cour indique que ce droit devrait  plutôt être «encadré et non supprimé».

Ce verdict salutaire décrispe donc un climat social paralysé par une grève générale à effet domino, sous la houlette de sept centrales syndicales. Mais bien avant cette délivrance, la sentence de la Cour qui invalide la constitutionnalité de la loi, escortée par les rumeurs et les conjectures, a motivé l'annonce d'une prolongation de la grève pour la semaine prochaine. La suite ?

Retouches parlementaires pour calmer le front social

Le texte devrait désormais revenir sur la table des députés pour y être retouché, approuvé et voté à nouveau sous le contrôle de la Cour. Il devrait ensuite être présenté au chef de l'Eta. Les parlementaires devront user de toute leur perspicacité pour déterminer les conditions et les mécanismes pour une entrée en grève. Des modifications qui seront passées à la loupe par les syndicats qui viennent de démontrer leur capacité de nuisance à un gouvernement qui a joué la carte de l'intransigeance.

Au-delà, c'est tout un pays qui pousse un ouf de soulagement. Le service devrait reprendre dans les hôpitaux et les centres de santé. Dans la même lancée, les professeurs et enseignants devraient regagner les écoles et les amphithéâtres, tout comme les magistrats et les fonctionnaires devraient reprendre service dans les tribunaux et l'administration. Il ne reste plus qu'à espérer que les retouches des députés au texte de loi n'aillent pas constituer un nouveau point d'achoppement avec les syndicats et déclencher une nouvelle paralysie sociale.

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