Nigeria : après un an d'attente, l’Armée de l’air s’apprête à recevoir ses Super Tucano

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L'armée de l'air nigériane attend depuis un an la livraison de 12 Super Tucano A-29 censés renforcer et moderniser leurs capacités aériennes dans la guerre contre Boko Haram.
L'armée de l'air nigériane attend depuis un an la livraison de 12 Super Tucano A-29 censés renforcer et moderniser leurs capacités aériennes dans la guerre contre Boko Haram. (Crédits : Reuters)
Le Nigeria vient d'annoncer pour le 20 février prochain, la livraison de 12 Super Tucano A-29 dont l’accord de principe date de 2016. Une opération qui coûtera 593 millions de dollars au Nigeria et qui devra lui permettre d’accentuer sa supériorité aérienne dans sa lutte contre Boko Haram.

Après un an de blocage, le Nigeria s'apprête enfin à boucler un accord d'achat avec les Etats-Unis portant sur 12 avions Super Tucano A-29 et leur armement. Ce deal dont l'accord de principe date de l'administration Obama avait été gelé après le bombardement d'un camp de réfugié par l'armée de l'air nigériane en janvier dernier. Cette bavure a été suivie par l'une des toutes dernières décisions du mandat de l'ex-président américain.

Cadeau d'adieu d'Obama

L'acquisition des 12 appareils, de leur armement (des milliers de bombes et de roquettes) et des services de maintenance devrait coûter quelques 593 millions de dollars à Abuja. Les autorités nigérianes ont par ailleurs annoncé avoir décroché l'approbation officielle du Département d'Etat américain et que les accords définitifs seraient déjà signés alors que les paiements seraient effectués avant le 20 février prochain. Bien que le président Donald Trump s'était empressé d'annuler le gel décidé par son prédécesseur, le dossier était au point mort depuis avril dernier.

Cette décision du président américain a été justifiée par le soutien aux efforts du Nigeria pour combattre Boko Haram et pour stimuler l'activité dans le secteur de la défense américaine. L'évolution de la situation sur le terrain a également poussé Washington à débloquer la situation. L'état-major nigérian a pour rappel abandonné les déclarations triomphantes évoquant la destruction de Boko Haram et a également décidé un énième remplacement du commandant des forces chargées de lutter contre l'organisation.

L'armée nigériane doit en effet faire face à une résilience inattendue de la secte, qui a réussi à se maintenir malgré la pression de quatre armées régulières, dans le chaudron du Lac Tchad. D'ailleurs, les armées tchadiennes, nigériennes et camerounaises ont décroché un droit de poursuite des membres de Boko Haram dans le territoire nigérian. Ces forces comptent en outre sur un appui discret des armées françaises et américaines qui disposent de bases dans la région.

Guerre contre-insurrectionnelle

L'une des plus importantes armées d'Afrique de l'Ouest fait également face à des problèmes de ravitaillement, d'équipement et de paie ce qui s'est répercuté sur la combativité des troupes. L'état-major a dû recourir aux techniques de guerres contre-insurrectionnelles inspirées des tactiques françaises rodées lors de la guerre d'Algérie et remises au goût du jour par l'armée américaine lors des récentes guerres d'Irak et d'Afghanistan.

Preuve en est, les récentes manœuvres de l'armée regroupant les civils au sein de « villages fortifiées » et l'abandon du terrain difficilement défendable aux éléments de Boko Haram. La livraison de ses engins à hélices fabriqués par le constructeur brésilien Embraer en partenariat avec Sierra Nevada, une société de technologie de défense de Floride, représente un atout pour ce genre de guerre asymétrique. Ce partenariat a fait du Super Tocano A-29, un appareil capable de mener des missions de reconnaissance, de surveillance et d'attaque pour un coût individuel de 10 millions de dollars qui peut varier en fonction de la configuration souhaitée.

L'armée de l'air nigériane a par ailleurs annoncé une rencontre avec les autorités américaines, pour début janvier prochain qui aura pour objet de discuter la livraison anticipée des Super Tucano, une fois le paiement effectué. Le Département d'Etat américain et l'ambassade américaine à Abuja n'ont pour le moment pas communiqué sur cette transaction.

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Commentaires
a écrit le 29/12/2017 à 11:27 :
patriote : un mot épouvantable ; je suis souverainiste et pas du tout patriote.! c'est une odeur très désagréable.

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