Interdiction de visa : le passeport tchadien sous la loupe de l’Administration Trump

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Le 24 septembre 2017, le décret migratoire de l’Administration Trump est «mis à jour» en incluant la Corée du Nord, le Venezuela et le Tchad à la liste des pays dont les ressortissants sont interdits d'entrée sur le territoire américain.
Le 24 septembre 2017, le décret migratoire de l’Administration Trump est «mis à jour» en incluant la Corée du Nord, le Venezuela et le Tchad à la liste des pays dont les ressortissants sont interdits d'entrée sur le territoire américain. (Crédits : Reuters)
La mission de la délégation américaine sera décisive pour la levée l’interdiction d’entrée sur le sol américain aux Tchadiens. Une équipe de l’Administration Trump est en visite à N’Djamena pour analyser les failles de sécurité sur le passeport tchadien. Leurs conclusions pourraient permettre au pays d’Idriss Déby de sortir -ou pas- de la liste des «Etats parias frappés» de «bannissement» du territoire des Etats-Unis.

C'est un test semblable à un contrôle de sécurité dans un aéroport américain, à cette exception près qu'il se passe à... N'Djamena. Une équipe de la direction de la sécurité intérieure de l'Administration Trump va scruter et analyser les failles du passeport tchadien.

«Check-up» sécuritaire américain sur le passeport tchadien

La veille de l'arrivée de cette équipe d'experts en sécurité et identification, Tom Bessert, le conseiller à la Sécurité intérieure de Donald Trump, a eu un entretien de 90 minutes à Paris avec Idriss Déby, le chef de l'Etat tchadien, en marge de la réunion de La Celle-Saint-Cloud consacrée au G5 Sahel.

La délégation menée par Tom Bessert a ensuite fait route vers N'Djamena, la capitale tchadienne où elle devrait collaborer avec les autorités sécuritaires tchadiennes, afin d'évaluer le degré de sécurité du passeport délivré par le Tchad qui n'est pas encore biométrique. Mais pourquoi les loupes américaines viennent-elles se pencher aussi loin du territoire américain ?

Dans un premier temps, il s'agit de savoir si le passeport tchadien est suffisamment sécurisé pour échapper à des falsifications d'identité dont peuvent bénéficier des groupes terroristes. Plus loin, la mission devrait aussi permettre d'établir un échange d'informations, notamment de base données d'identité qui devrait permettre d'identifier et de suivre de potentiels suspects appartenant à des groupes terroristes ou leurs complices.

Dans les deux cas, en acceptant ce «check-up» sécuritaire par les limiers de Donald Trump, le gouvernement tchadien vient de montrer son premier geste d'ouverture et de réelle collaboration depuis le froid qui s'est abattu sur les relations diplomatiques entre le Tchad et les Etats-Unis.

L'espoir de faire retirer le Tchad de la liste des «Etats parias»

Pour le contexte, depuis bientôt trois mois, les ressortissants détenteurs d'un passeport tchadien n'ont plus accès au territoire américain. Le 45e président des Etats-Unis a pris, le 24 septembre dernier, un décret sur l'immigration qui place le Tchad sur la liste des «Etats parias» au même titre que la Corée du Nord et le Venezuela.

L'Administration Trump reproche au Tchad d'accueillir sur son sol des terroristes, mais aussi de ne pas collaborer suffisamment dans la lutte contre le terrorisme. Les protestations du Tchad et de ses soutiens africains et étrangers n'ont pas réussi à infléchir la position du gouvernement américain.

La visite de la délégation sécuritaire américaine représente, s'il en est, un espoir de dénouer cette crise. Les conclusions du Rapport Bessert devront établir un diagnostic de sécurité des failles exploitables dans la délivrance et la falsification du passeport tchadien. Au final, le rapport sera déterminant pour influer sur la levée de l'interdiction de voyager aux Etats-Unis qui frappe les ressortissants du Tchad. Avec anxiété, N'Djamena attend donc les résultats décisifs de la commission sécuritaire américaine.

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