Togo  : la coalition de l'opposition refuse que le gouvernement soit « juge et partie »

Le gouvernement togolais vient d'annoncer son intention de mener des consultations avec les forces politiques du pays, dans le cadre de la crise politique qui secoue le Togo depuis le 19 août dernier. Une initiative que les partis politiques réunis au sein de la coalition ont vite fait de boycotter arguant que le gouvernement ne peut être «juge et partie».
Une manifestation de la coalition des partis de l'opposition, le 20 septembre 2017 à Lomé, la capitale du Togo.
Une manifestation de la coalition des partis de l'opposition, le 20 septembre 2017 à Lomé, la capitale du Togo. (Crédits : Reuters)

Les consultations initiées par les autorités pour trouver une issue à la crise politique qui secoue le pays depuis août dernier n'ont manifestement aucune chance d'aboutir. Invités par le gouvernement ce mardi 12 décembre à Lomé, les quatorze partis politiques réunis au sein d'une coalition ont décidé de refuser la main tendue du gouvernement en expliquant que le pouvoir ne peut être à la fois «juge et partie».

«C'est une manœuvre de diversion. Au sein de la coalition, nous sommes très vigilants, nous nous sommes concertés sur une réponse commune. Le gouvernement est disqualifié pour mener des consultations », a déclaré à l'AFP Brigitte Adjamagbo-Johnson, coordonnatrice de la coalition de l'opposition, avant d'ajouter que «ceux qui doivent nous appeler pour des consultations, ce sont les médiateurs. Le régime est l'un des protagonistes de la crise et pour la régler, les médiateurs ont offert de réunir autour d'une table les deux protagonistes que nous sommes ».

Adjamagbo-Johnson a également indiqué que seuls cinq partis -sur quatorze- ont invités par le gouvernement, faisant référence aux médiations menées ces dernières semaines par les présidents ghanéen Nana Akufo-Addo et guinéen Alpha Condé, président en exercice de l'Union africaine (UA).

Ainsi, même si elle s'est radicalisée ces dernières années face à la répression militaire, l'opposition au pouvoir de Gnassigbé se dit prête pour le dialogue, mais ne voudrait pas de consultations, si celles-ci ne se déroulent sous la houlette d'une médiation internationale. «La crise actuelle est une crise profonde. Il faut que le régime en prenne toute la mesure », a indiqué Brigitte Adjamagbo-Johnson,  également secrétaire général de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), un des partis invités au dialogue initié par le gouvernement.

Le gouvernement persiste et signe

Le niet de la coalition principale de l'opposition ne semble pas avoir empêché le pouvoir de mener son initiative de dialogue à huis clos à la primature. Ce même mardi, les délégations de l'Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio -ancien homme fort de l'opposition- et de l'Union pour la République (UNIR, le parti au pouvoir) ont été reçues par le gouvernement. Des sources à la primature indiquent que d'autres partis politiques de l'opposition n'appartenant pas à la coalition seront également consultés, ainsi que d'anciens Premiers ministres. Le but de la manœuvre est de recueillir des «suggestions» sur le «format et les modalités» du prochain dialogue, avait indiqué la semaine dernière le ministre de la Fonction publique et porte-parole du gouvernement, Gilbert Bawara.

Depuis environ cinq mois, l'opposition togolaise est dans la rue presque chaque semaine pour manifester contre le pouvoir en place. Elle réclame entre autres le vote de la diaspora et surtout le retour à la Constitution de 1992. Cette dernière est censée empêcher ipso facto une nouvelle candidature de Faure Gnassingbé en 2020 et obliger ce dernier à quitter le pouvoir.

De son côté, le gouvernement, en opérant des réformes à sa manière, a prévu un référendum dans les jours à venir. Une annonce qui devrait engendrer un durcissement de la position des partis de l'opposition qui réclame aujourd'hui le départ du président Faure Gnassigbé.

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