Ambassade américaine à Jérusalem : qui sont les soutiens africains de la Palestine ?

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lors d'une visite officielle en Ethiopie en juin 2016.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lors d'une visite officielle en Ethiopie en juin 2016. (Crédits : Reuters)
Dans les capitales occidentales, les condamnations -même molles- sont unanimes. Elles se résument en une phrase : Donald Trump, le président américain a eu tort de reconnaître «officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël» à la place de Tel-Aviv et de décider du transfert de l’ambassade américaine dans la ville dite «trois fois sainte». Une décision qui suscite peu de réactions sur le Continent où la Palestine commence à compter ses alliés.

Ce 6 décembre n'est apparemment «jour historique» que pour Benjamin Netanyahou. Sans calendrier, de façon unilatérale, Donald Trump a annoncé la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël et le transfert de l'ambassade américaine dans la ville nouvellement reconnue. Une décision rejetée par la quasi-totalité des capitales occidentales. En Afrique, l'annonce du 45e président américain a toutefois fait peu réagir dans les palais, à l'exception notable du Maroc.

L'Afrique du Nord, en tête des condamnations africaines

La réaction la plus forte sur le Continent est venue de Rabat dont le communiqué soutient les Palestiniens pour le recouvrement de «leurs droits légitimes». Une réaction qui s'est accompagnée de la convocation servie par Nasser Bourita, le ministre des Affaires étrangères à la chargée d'affaires de l'ambassade américaine pour lui spécifier la «profonde inquiétude» du Maroc. Mohammed VI, le roi du Maroc, préside justement le comité Al Qods -Jérusalem en arabe- au sein de  l'Organisation de coopération islamique (OCI).

Dans le voisinage immédiat, l'Algérie a vite lancé un appel en direction de «la nation arabe, la umma islamique, et à la communauté internationale, à se mobiliser pour le respect des droits nationaux des Palestiniens et du statut international de la ville sainte. Toujours en Afrique du Nord, la Tunisie qualifie la décision de Trump d'«atteinte primordiale au statut juridique et historique de la ville et [de] violation des décisions de l'ONU».

Autre son de cloche en Afrique subsaharienne, où l'on a dû à recueillir peu de réactions sur la décision tonitruante de Donald Trump. Même le Sénégal, à la tête du comité des Nations Unies pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, est resté officiellement mué. Alors que l'ONU devrait tenir une réunion d'urgence sur la question vendredi prochain, la Palestine compte ses alliés. Mais combien sont-ils en Afrique ?

En premier lieu, la Palestine devrait compter sur les pays africains membres de la Ligue arabe comme le Maroc, la Mauritanie, l'Algérie, la Libye, la Tunisie, l'Egypte, les Comores, Djibouti, la Somalie et même le Soudan, qui, bien souvent, adoptent des positions communes sur la question. Pour étendre son réseau de soutiens, l'Etat palestinien s'appuiera aussi sur les pays membres de l'OCI. A cela s'ajouterait les pays dont la doctrine politique est de soutenir les luttes de libération comme l'Angola, l'Afrique du Sud, le Mozambique, le Zimbabwe.

Alliés africains de la Palestine et amitiés de Netanyahu sur le Continent

Pour autant, Israël qui a lancé une grande offensive de rapprochement en Afrique, peut compter sur son réseau d'une douzaine d'ambassades qui portera son lobbying. Même s'il a des relations diplomatiques avec une trentaine de pays sur le Continent, l'Etat hébreu  devrait surtout miser sur les alliances bâties sur des relations d'amitié entre chefs d'Etat.

Dans le lot, le Rwanda de Paul Kagamé, grand-ami du Premier ministre israélien, qui a même accepté - non sans polémique- de recevoir contre le paiement de 5 000 dollars par tête, de recevoir sur son sol, les 10 000 Soudanais et Erythréens parmi les 50 000 réfugiés africains qu'Israël s'apprête à expulser.

Sur la liste des soutiens à l'Etat hébreu, le Togo de Faure Gnassingbé qui tisse des relations approfondies de coopération avec Tel-Aviv au point d'envisager la réception d'un premier sommet Afrique-Israël -dans le sillage de la tournée de Netanyahu à l'été 2017- qui sera finalement reporté sur fond de protestations des autres pays africains et de tensions internes.

Il faudra aussi inscrire les pays qui ont des liens historiques avec Israël, la plupart en Afrique de l'Est, comme l'Ethiopie, l'Érythrée, le Malawi et même l'Ouganda. A l'heure d'engager un long jeu de go diplomatique, Israël comme la Palestine comptent leurs alliés africains qui pourraient bien faire pencher  la balance en leur faveur.

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