UA-France : la crise togolaise et l'esclavage en Libye au cœur de la rencontre entre Condé et Macron

A l'occasion de son séjour en France, le président guinéen, président en exercice de l'Union africaine, a rencontré son homologue français Emmanuel Macron. Au cours de leur rencontre, les deux hommes d'Etat ont évoqué l'esclavage en Libye et la crise politique qui secoue le Togo depuis le 19 août 2017. Alpha Condé avait aussi rencontré, en amont, les leaders de l'opposition togolaise dans sa quête de trouver un cadre propice pour un dialogue inter-togolais.
Les présidents  Alpha Condé et Emmanuel Macron,à l'issue de leur rencontre à l'Elysée, le 22 novembre 2017 à Paris.
Les présidents Alpha Condé et Emmanuel Macron,à l'issue de leur rencontre à l'Elysée, le 22 novembre 2017 à Paris. (Crédits : Reuters)

Plusieurs questions ont émaillé les discussions entre Emmanuel Macron et Alpha Condé lors de leur rencontre, ce mercredi 22 novembre. Les deux présidents ont notamment évoqué les relations bilatérales entre la France et la Guinée, le prochain sommet UA-UE d'Abidjan, mais aussi les crises qui traversent certains pays africains. Les questions de l'esclavage en Libye et de la crise politique au Togo ont fait l'objet des échanges entre le président en exercice de l'Union africaine (UA) et le président français.

Le président guinéen n'a pas caché son indignation face à la situation qui prévaut aujourd'hui en Libye où des hommes «noirs» sont vendus contre de l'argent. «Ce qui s'est passé [en Libye] est scandaleux ... inacceptable ! », a déclaré Alpha Condé, en accusant au passage l'Occident d'avoir une responsabilité dans cette situation.

«Nous pensons que nos amis de l'UE n'ont pas eu raison de demander à la Libye de garder les migrants, car elle n'a pas les moyens. En Libye, il n'y a pas de gouvernement, donc l'Union européenne ne peut pas choisir un pays en voie de développement pour demander à ce pays de retenir des réfugiés (...). On sait qu'en Libye il n'y a pas de moyens», a déclaré le président de l'UA qui s'est montré très critique vis-à-vis de l'UE.

De son côté, le président Macron a vertement condamné la vente des migrants africains comme esclave en Libye. Il a annoncé avoir initié une démarche au sein du Conseil de sécurité des Nations unies devant conduire à des résolutions concrètes.

«C'est un crime contre l'humanité. C'est aussi une des formes de trafics aujourd'hui les plus rentables et qui nourrit les délinquances les plus graves et pour partie des réseaux terroristes. Cette traite des êtres humains génère plus de 30 millions d'euros par an, elle touche malheureusement plus de 2 millions et demi de personnes et 80% de ses victimes sont des femmes et des enfants », a déclaré Emmanuel Macron.

«Nous n'avons pas à dire au Togo ce qu'il doit faire»

Outre la question de l'esclavage en Libye, la crise politique togolaise a été aussi un des sujets phares abordés par les deux chefs d'Etat. Le président français, qui s'est déjà prononcé en faveur d'un dialogue entre le pouvoir et l'opposition pour mettre fin à la crise, a échangé avec son homologue guinéen sur les possibilités pour y arriver. Le président guinéen a surtout insisté sur la souveraineté du Togo.

«Mon rôle est très simple : créer un climat apaisé, car nous n'avons pas à dire au Togo ce qu'il doit faire. C'est un Etat souverain. Le Togo est capable de décider de son destin. Nous notre rôle, c'est de faciliter le dialogue», a indiqué Alpha Condé.

Le président en exercice de l'UA avait rencontré mardi dernier à Paris certains leaders de l'opposition togolaise, notamment la secrétaire générale de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) et coordinatrice de la coalition de l'opposition, Brigitte Adjamagbo Johnson ; le président du Parti national panafricain (PNP), Me Tikpi Atchadam et le président de l'Alliance nationale pour le changement (ANC) et chef de file de l'opposition, Jean-Pierre Fabre.

Suite aux discussions avec ces derniers, le président guinéen avait indiqué avoir reçu un mémorandum de l'opposition contenant ses exigences pour aller au dialogue. Il s'agirait entre autres de mettre fin à «l'état de siège» des villes de Sokodé, Mango et Bafilo ; la libération des détenus politiques et la levée des poursuites judiciaires qui pèsent sur certains acteurs politiques. «Tout ce que nous voulons c'est que le problème soit résolu par un dialogue togolais... Toutes les demandes qui se situent dans le cadre d'une situation apaisée et d'un dialogue apaisé sont à prendre en compte», a ajouté Alpha Condé.

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