Somalie : 137 morts dans l'attentat le plus meurtrier de l’histoire du pays

Au moins 137 personnes ont été tuées et 300 blessées dans un violent attentat au camion piégé samedi dans le centre de Mogadiscio, ce qui en fait l'attaque la plus meurtrière de l'histoire de la Somalie, selon la police. L'attentat est survenu en milieu d'après-midi samedi au carrefour PK5, situé dans le district de Hodan, un quartier commercial très animé de la capitale avec ses magasins et ses hôtels.
Ibrahima Bayo Jr.
Le dernier bilan officiel de cet attenta fait était de 137 morts et 300 blessés
Le dernier bilan officiel de cet attenta fait était de 137 morts et 300 blessés (Crédits : Reuters)

Drapeaux en berne dans un pays en deuil national pour trois jours ! Dans l'effroi et au milieu des scènes de chaos, la Somalie compte ses morts au lendemain de ce qui est considéré comme l'attentat le plus meurtrier de son histoire.

La marque des rebelles Shebabs

Au moins 137 personnes ont été tuées et 300 blessées dans l'attentat au camion piégé mené samedi dans le centre de Mogadiscio, la capitale somalienne, a rapporté ce dimanche l'AFP de source policière.

«Nous obtenons différents chiffres pour les victimes de la part des centres médicaux, mais nous avons confirmé pour l'instant 137 (morts), la plupart brûlés au point de ne pas être reconnaissables. Le bilan des morts peut être encore plus élevé, car il y a plus de 300 blessés, pour certains d'entre eux grièvement», a déclaré à l'AFP un responsable de la police, Ibrahim Mohamed.

Un premier bilan, établi en confirmation avec des sources médicales ou humanitaires, faisait état de près de 190 morts et plus de 200 blessés -d'autres sources parlent de 300 blessés-. Alors que ce dimanche, pour qualifier cet attentat effroyable, Mohamed Abdullahi Mohamed, le président somalien, n'a pas tergiversé sur l'identité des auteurs :

«C'est une attaque horrible menée par les Shebabs sur des civils innocents, qui ne visait pas des responsables gouvernementaux somaliens spécifiques. Cela montre combien ces éléments violents sont sans pitié, pour viser sans distinction des gens innocents qui ne faisaient que s'occuper de leurs affaires».

Ce samedi 14 octobre, au carrefour du quartier fréquenté de Hodan, un camion garé devant un hôtel a explosé. La déflagration qui a eu lieu dans ce quartier qui abrite des bâtiments officiels et des structures de services a provoqué l'incendie de plusieurs véhicules qui ont également provoqué de petites explosions. Les scènes décrites autant que les photos des agences de presse après l'explosion relèvent d'un spectacle de désolation.

Deux heures après ce premier attentat, un autre véhicule a explosé dans le quartier de la Medina. Le souffle de cette deuxième déflagration a fait plusieurs victimes. «Tous les hôpitaux de Mogadiscio sont remplis des victimes de l'explosion. Ce qui s'est passé est une tragédie sans précédent», expliquait Abdukadir Haji Aden, le directeur du principal service ambulancier de Mogadiscio.

Amisom, Africom et le gouvernement somalien, front contre les Shebabs

Ces deux attaques, sans précédent, interviennent après l'annonce de la démission surprise du ministre de la Défense et du chef de l'armée du tout nouveau gouvernement central de Mohamed Abdullahi Mohamed. Et même si elles n'ont pas été revendiquées, le gouvernement Mohamed impute sa responsabilité aux Shebabs.

Ce groupe rebelle affilié à al-Qaïda, chassé de Mogadiscio en 2011 après une guerre asymétrique avec les 22 000 militaires de la mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom). Malgré cette bérézina, les Shebabs contrôlent toujours une grande partie du territoire et sont auteurs de plusieurs attaques, notamment dans la capitale contre le nouveau gouvernement.

Après avoir joué la carte de sa main tendue au groupe rebelle, le président somalien avait fini par muscler son discours face aux Shebabs qui ont juré sa perte. La semaine dernière, il s'est rendu au Soudan sans doute à la recherche de soutiens dans les pays voisins. Avec l'appui technique de soldats du Commandement des États-Unis pour l'Afrique (Africom) qui signe son retour, Mohamed Abdullahi Mohamed compte bien en finir avec ces terroristes !

Ibrahima Bayo Jr.
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