Législatives 2017 au Sénégal : Khalifa Sall reste en prison, mais riposte au pouvoir

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(Crédits : Page Facebook Khalifa Sall)
C’est la confirmation que la tête de liste de la coalition Manko Taxawwu Sénégal fera bien sa campagne depuis la cellule spéciale de Rebeuss pour les législatives du 30 juillet prochain. Dans un arrêt rendu ce 20 juillet, la Cour suprême a rejeté la demande de liberté provisoire de Khalifa Sall, incarcéré depuis le 7 mars sur des soupçons de détournements de deniers publics. Avec la confirmation du verdict de la Chambre d’accusation de la cour d’appel, c’est une campagne inédite, déjà entamée sans leur champion, que les partisans devront mener. Mais il reste encore un ultime espoir pour le maire de Dakar.

Omniprésent sur les affiches de campagne et les tee-shirts de ses partisans, Khalifa Sall sera absent physiquement de la campagne de la coalition Mankoo Taxawu Sénégal dont il est la tête de liste. Dans un arrêt dit de la «dernière chance», rendu ce jeudi 20 juillet, la Cour suprême rejeté la demande de liberté provisoire introduite par les avocats du maire de Dakar.

Liberté provisoire encore refusée

La plus haute juridiction sénégalaise conforte, dans son arrêt, une décision de la Chambre d'accusation datée du 2 mai qui avait rejeté une autre requête de liberté provisoire. Cette dernière décision est même «légalement justifiée par des motifs exempts d'insuffisance ou de contradiction et sans aucune violation des textes de lois applicables», selon la Cour suprême.

A dix jours du scrutin, les partisans du maire de Dakar devront composer sans leur champion incarcéré depuis le 7 mars dernier dans «l'affaire de la Caisse d'avance» et qui se voit débouté de toutes ses demandes de liberté. Dans les annales politiques sénégalaises, c'est la première fois qu'un candidat, toutes élections, mènera sa campagne depuis sa cellule en prison. Une perspective déjà anticipée par son état-major politique qui a déployé une impressionnante machine pour battre campagne en son absence.

Certains interprètent cette décision de la Cour suprême comme une «main invisible» du pouvoir depuis ce lapsus aventureux du président Macky Sall qui, parlant de l'enjeu stratégique de remporter la mairie de Dakar en trophée de guerre, signifiait à ses alliés politiques l'impossibilité de perdre la capitale face à une «liste menée par un prisonnier». La bataille politico-judiciaire est pourtant loin d'être terminée.

Riposte judiciaire et épistolaire de Khalifa Sall

Sur le plan judiciaire, les avocats de Khalifa Sall ont demandé à Masamba Sarr, le doyen des juges, d'octroyer au maire de Dakar une liberté de quelques heures pour lui permettre d'aller voter le jour du scrutin. Une requête spéciale qui hérisse les poils du parquet qui s'y est déjà opposée. Pas sûr que Massamba Sarr accède à ce recours qui risque d'exacerber les tensions dans une campagne acrimonieuse, déjà émaillée de violences.

Sur le plan politique, c'est une réplique épistolaire que Khalifa Sall a apportée au pouvoir. Dans une lettre rendue publique par son staff politique, l'édile socialiste dénonce sa détention par «un emballement judiciaire sans précédent dans l'histoire du Sénégal». Sans jamais citer le nom de Macky Sall, il dénonce sa gestion marquée par «recul démocratique, instrumentalisation de la justice, endettement excessif, inflation du coût de la vie, sabotage de l'école et des structures de santé».

Une lettre-programme que le maire de Dakar a close en remerciant ses partisans et en leur demandant de rester mobilisés pour le scrutin du 30 juillet prochain pour «une Assemblée du peuple». En creux, il envoie à la coalition au pouvoir le message que rien ne peut l'arrêter. Pas même les grilles rouillées de la prison de Rebeuss.

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