Grève dans la justice au Burkina : y-a-t-il un magistrat à la cour ?

Les tribunaux sont déserts, les établissements pénitentiaires sont fermés à la visite des détenus et aucun document émanant d’une cour de justice ne peut être délivré. Depuis ce lundi 13 juin, le secteur judiciaire au Burkina est paralysé par une grève des hommes en robes noires qui dénoncent l’insécurité dans les lieux affectés à la justice.
Ibrahima Bayo Jr.
(Crédits : Reuters)

C'est une bruyante clameur que les prétoires et les bagnes ont poussé. Un cri de colère contre l'insécurité dans l'exercice de leurs fonctions que même l'appel de René Bagoro, le ministre de la Justice, n'a pas réussi à calmer. Depuis ce lundi, les prétoires ont été vidé de leur personnel, les établissements pénitentiaires sont fermés aux visites des prisonniers et les documents administratifs émanant des agents judiciaires ne sont plus délivrés.

La cause ? Une grève de 72 heures des magistrats, greffiers, gardes pénitenciers pour réclamer une meilleure protection des palais et cours de justice, des prisons et demander le respect du caractère inviolable de ces bâtiments. Les grévistes souhaitent rencontrer les ministres de la Justice et de l'Administration territoriale pour leur dresser un diagnostic de la situation sécuritaire les bâtiments relevant du secteur de la Justice. Avec ce mouvement, les magistrats souhaitent pousser les deux ministres à prendre des mesures de protection de l'enceinte de ces bâtiments.

Le saccage du Palais de Justice de Manga (sud du pays) est l'étincelle qui a embrasé la colère des magistrats. Lors d'une audience, le 8 juin dernier, un groupe d'individus a investi les lieux pour exiger la libération immédiate d'un détenu placé sous mandat de dépôt. Après une altercation avec un agent de sécurité, les badauds ont saccagé une partie du bâtiment de justice.

 Prolongera ou prolongera pas, telle est la question

Tout en dénonçant cette violation d'un établissement de justice, les greffiers, magistrats, gardes pénitenciers ont déploré que le palais ne soit mieux protégé et que des renforts ne soient pas arrivés pour neutraliser les fauteurs de trouble. Dans le sillage de cette agression, les fonctionnaires de la justice dénoncent toutes les autres agressions dont ils sont victimes dans des incidents de même nature.

En réaction, le Syndicat Autonome des Magistrats du Burkina a fédéré autour de lui, les syndicats de magistrats, des greffiers et de garde pénitenciers et décréter un arrêt de travail de 72 heures qui paralyse le secteur. Dans une déclaration à la presse locale, René Bagoro, le Garde des Sceaux a appelé les syndicats à mettre fin à ce mot d'ordre et de reprendre le travail, sans énoncer les mesures de sécurisation des palais et des cours de justice du pays.

En face, les syndicats n'en démordent pas. Les tribunaux devraient rouvrir jeudi 15 juin et le reste du personnel devrait reprendre du service. Mais rien n'exclut que le mot d'ordre soit prolongé ou qu'un autre mouvement d'humeur soit déclenché pour accentuer la pression sur le gouvernement.

Ibrahima Bayo Jr.
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