Rapport  : les onze typologies de financement du terrorisme en Afrique centrale

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Les réseaux terroristes disposent de filières et d'intermédiaires pour assurer l'achat des armes à feu, dont le commerce sur le marché gris soulève plusieurs questions sur le degré d’implication des Etats.
Les réseaux terroristes disposent de filières et d'intermédiaires pour assurer l'achat des armes à feu, dont le commerce sur le marché gris soulève plusieurs questions sur le degré d’implication des Etats. (Crédits : Reuters)
Le Groupe d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique vient de communiquer sur l'existence de onze typologies de financement du terrorisme en Afrique centrale. Les canaux de ravitaillement en fonds vont du rançonnage et de l'extorsion, jusqu'à l'utilisation de comptes bancaires écrans et la «location» des associations de la société civile

C'est un travail qui devrait contribuer à la lutte contre le terrorisme en Afrique centrale. Le Groupe d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique (GABAC) vient de publier un répertoire de onze typologies de financement du terrorisme en Afrique centrale qui devront permettre de renforcer les dispositions des Etats afin d'endiguer l'avancée des mouvements terroristes.

ONG, sociétés de transfert de fonds et les établissements financiers...

Le classement dressé par le GABAC met en première place l'utilisation abusive des organismes à but non lucratif. L'institution explique à propos de ce type de financement qu'il donne «une idée de la variété des formes d'abus auxquels les terroristes et leurs financiers soumettent des organisations conçues généralement pour atténuer les difficultés auxquelles les couches vulnérables de la société sont confrontées». Ainsi plusieurs organisations non gouvernementales servent de paravent aux groupes terroristes qui se servent de leur compte bancaire comme intermédiaire pour accéder à leurs ressources financières.

Au deuxième rang, les sociétés de transfert de fonds, un des «maillons faibles des dispositifs internationaux» engagés dans le combat contre le financement du terrorisme, selon le GABAC. Les sociétés de transfert permettent en effet à leurs clients occasionnels de déplacer aisément des fonds partout dans le monde.

Les personnalités politiques épinglées

A la troisième place du classement viiennent les établissements financiers, où les opérations de change manuel effectuées sont répertoriées comme l'une des faiblesses dans le système de la lutte contre le financement du terrorisme. Le GABAC explique que l'utilisation de devises dans les échanges commerciaux internationaux et le déplacement de grandes sommes en coupures de 500e euros par exemple sont souvent des opportunités pour le financement du terrorisme.

Viennent ensuite les trafics illicites (4e), les transferts des opérateurs économiques, la collecte et la remise de fonds (6e), l'extorsion de fonds (7e), et les rançonnages (9e). En bas du classement, on retrouve les embuscades et les pillages, puis la criminalité faunique.

Une des typologies citées dans le classement attire particulièrement l'attention. D'après la publication du GABAC, la 8e typologie désigne en effet les personnes politiquement exposées : des hommes politiques qui tirent d'immenses profits des activités terroristes pour satisfaire leurs ambitions et surtout influencer les décisions politiques au niveau local ou national.

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