Sénégal : jusqu'à trois ans de prison pour avoir partagé une caricature de Macky Sall

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(Crédits : DR)
C’est le délit d’« outrage au président de la République » qui a finalement été retenu. Passibles d’une peine d’un à trois ans de prison, quatre jeunes sénégalais ont été déférés devant le parquet, ce mercredi 31 mai, pour avoir partagé sur les réseaux sociaux, une caricature de Macky Sall. Dans la confusion, une polémique s’en est suivie et même un débat sur la liberté d’expression au Sénégal. Explications.

« Photomontage ! », vocifèrent les proches du pouvoir. « Caricature », répliquent les soutiens des inculpés. Une vive polémique s'est emparée de l'espace public sénégalais après l'arrestation de quatre jeunes pour le délit d'outrage au chef de l'Etat.

Arrêtés pour avoir diffusé une photo

Devenue le visage des inculpés, Oulèye Mané, une employée d'une télévision privée, âgée d'une vingtaine d'années a été la plus médiatisée. Avec ses co-accusés, deux autres jeunes femmes et un jeune homme, ils ont été arrêtés entre le vendredi 26 et le lundi 29 mai, à Dakar et Tivaouane, distante de 90 km de la capitale sénégalaise.

Les suspects ont ensuite été déférés, ce mercredi 31 mai devant le tribunal de grande instance de Dakar pour « outrage au chef de l'Etat ». Ils sont accusés d'avoir partagé dans un groupe de messagerie WhatsApp, la photo d'un individu nu, couché sur le dos et flanqué du visage de Macky Sall. Selon des médias locaux, une quinzaine d'autres personnes ayant partagé à leur tour, le photomontage, ont également été arrêtées.

Les arrestations ont déclenché une grande confusion qui a contribué à alimenter la polémique sur les réseaux sociaux. Aux premières heures de l'arrestation d'Ouléye Mané et de ses co-accusés, un dessin signé du célèbre caricaturiste sénégalais Odia avait été confondu avec celui qui a conduit à l'arrestation des jeunes. Cette dernière caricature signée « Macky oisif et errant » mettait en scène un homme ventre bedonnant et marchant à grands pas.

Confusion, polémique dans l'attente d'un pardon présidentiel

Dans cette confusion, le président sénégalais a été étiqueté comme « un dictateur » sur les réseaux sociaux dans ce pays ouest-africain perçu comme « une vitrine démocratique en Afrique ». Excédés par l'arrestation, certains ont même rappelé que le président sénégalais avait participé en premières lignes, à la marche du 11 janvier à Paris pour la liberté d'expression après les attentats visant le journal satirique Charlie Hebdo.

Néanmoins, l'affaire désormais dite de la « caricature du président » pourrait avoir son volet judiciaire. Les inculpés pourraient pâtir du contexte de l'introduction dans l'arsenal législatif sénégalais, d'un nouveau projet de loi qui entend punir sévèrement les délits d'atteinte à l'image et à la vie privée. Sans forcément avoir un rapport avec ce projet, les quatre partageurs de caricature (ou de photomontage) risquent entre un an et trois ans de prison. A moins qu'un pardon présidentiel ne vienne éteindre les feux de cette polémique.

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Commentaires
a écrit le 01/06/2017 à 20:08 :
eh oui le vernis speudo démocratique du Sénégal craque... la démocratie qui caricature Chirac, Sarko , un peu moins Hollande en Afrique on aime bien , mais critiquer l es potentats locaux alors là non .. nos présipotants n'aiment pas .
Il va bien falloir qu'ils s'y fassent. avec les réseaux sociaux plus rien n'est comme avant ils ne peuvent plus museler ni les médias ni l'opposition informelle hors des partis traditionnels, d'ailleurs ils perdent le contrôle, il nous manque les vraies alternances électorales . Gambie c'est fait , ça va venir Gabon était proche , prochain sur la liste ?
virons/dégageons tous ces vieux clowns

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