Donald Trump manifestement peu préoccupé par l'Afrique

 |   |  727  mots
(Crédits : Reuters)
Le manque d'intérêt du nouveau président américain Donald Trump vis-à-vis de l'Afrique se confirme de jour en jour. Alors qu'il n'a toujours pas nommé un secrétaire d'Etat adjoint aux affaires africaines, son premier budget prévoit une réduction considérable du montant de l'aide destinée à l'Afrique subsaharienne.

Il aura prévenu le monde entier. Lors de la campagne pour l'élection présidentielle Donald Trump a fait fort avec son slogan ''America first'', ''l'Amérique d'abord''. Marquant le début de son isolationnisme et son retrait de l'Afrique, une fois au pouvoir, le président américain est entrain de mettre sur pied son programme petit à petit.

Déjà pour commencer, le président américain rechigne à l'idée de nommer un secrétaire d'Etat adjoint aux affaires africaines, depuis qu'il est au pouvoir. On peut comprendre ainsi le geste anecdotique de l'écrivain nigérian Wole Soyinka, prix Nobel de la littérature, pour dénoncer le désintérêt du nouveau président vis-à-vis de l'Afrique. L'écrivain dès l'élection de Donald Trump a jeté sa green card et a quitté les USA pour rallier l'Université de Johannesburg. Mais cette fois-ci, comme pour montrer du concret dans ses engagements, Donald Trump s'en est pris au budget alloué à l'aide à l'Afrique.

Réduction drastique de l'aide vers l'Afrique

« Si l'on se fie à ses déclarations lors des primaires du Parti républicain et de la campagne présidentielle, Donald Trump n'a pas particulièrement tracé des perspectives claires pour les relations internationales. On pourrait dire que l'axe principal de son approche diplomatique est le désengagement de l'Amérique. Trump a l'air d'avoir une politique isolationniste et cela est renforcé par son refus de toute une série de traités de coopération régionale », avait prévenu Mamadou Diouf, historien sénégalais, directeur de l'Institut d'études africaines à l'université Columbia, à New York.

Même si certains experts comme celui-ci en avaient donné des avertissements et ont attiré l'attention du monde sur les orientations isolationnistes du Président Trump, il a fallu attendre le premier budget de l'administration américaine présenté mi mars dernier par le directeur du budget, Mick Mulvaney, pour se rendre compte du problème.

En effet, le budget prévoit une réduction d'environ 50 % des montants d'aide à l'Afrique, qui s'étaient élevés l'an passé à quelques 8 milliards de dollars pour la seule Afrique subsaharienne. Ainsi selon plusieurs observateurs, certains programmes en faveur de la coopération entre l'Afrique et l'Amérique, tels que l'US African Development Foundation ou la Young African Leaders Initiative, devraient être purement et simplement arrêtés. Une situation qui fera beaucoup de malheureux dans les pays les plus vulnérables dont le Soudan du Sud, le Mali, la Centrafrique ou encore la République Démocratique du Congo.

« Nous allons dépenser moins auprès des Nations unies, moins dans l'aide étrangère et moins dans les programmes gérés par les Nations unies et d'autres agences, et cela ne doit surprendre personne. Le président a répété des centaines de fois pendant la campagne qu'il allait dépenser moins à l'extérieur et plus chez nous, vous en avez tous rendu compte, et c'est exactement ce que nous faisons avec ce budget », a déclaré Mick Mulvaney pour répondre à la question sur les diverses coupes dans les budgets de l'aide internationale.

Le responsable politique est même allé plus loin disant que le nouveau gouvernement est même entrain d'étudier les programmes d'assistance militaire à l'étranger afin de prendre une décision.

Rompre avec le soft power d'Obama

En opérant ces coupes, l'administration Trump n'a qu'une seule visée. En finir avec le soft power de Barack Obama. Rex Tillerson, un des secrétaires d'Etat de Trump avait expliqué, faisant allusion aux actions de la précédente administration que « le niveau atteint par les dépenses du département d'Etat dans le passé, notamment l'année dernière, n'est tout simplement pas tenable ». Ainsi la défense va de 35 à 54 milliards de dollars, la diplomatie de 52,8 milliards de dollars tombe à 37,6 milliards de dollars, la lutte contre le réchauffement climatique menée par la NASA en vue du développement des énergies renouvelables à l'étranger est jugée comme étant un gaspillage, etc.

La politique du nouveau président américain vise à renforcer les USA (le hard power) de l'intérieur, en optant pour l'isolationnisme. Et peu importe si l'Afrique doit payer le prix. « Après tout, c'est de l'Amérique des américains dont il s'agit », commentait un acteur politique togolais.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :