Gambie : retour d’exil pour Adama Barrow ce 26 janvier

 |   |  578  mots
(Crédits : Reuters)
Après une longue crise post-électorale qui l'aura poussé à l'exil à Dakar, Adama Barrow rentre (enfin!) en Gambie après la sécurisation de la capitale gambienne par les forces de la Cedeao. Ce retour sera sans doute accueilli par un grand espoir, mais les défis de la Gambie post-Jammeh sont importants. Et le nouveau président devra très vite se mettre au travail!

L'« exil » aura duré 10 jours mais il faudra moins de 30 minutes pour effectuer le retour au bercail. Adama Barrow, le nouveau président est attendu ce jeudi 26 janvier 2017 à Banjul aux environs de 16 heures après son court exil au Sénégal lors de la crise post-électorale. Sur le tarmac de l'aéroport Léopold Sédar Senghor, Adama Barrow et son équipe devraient embarquer à 15H30 à bord d'un vol spécial à destination de Banjul.

Adama Barrow, dont la candidature a été portée par huit partis d'opposition face à Yahya Jammeh, avait été déclaré élu lors de la présidentielle du 1er décembre 2016 par la Commission électorale gambienne et même félicité par Yahya Jammeh lors d'une surprenante conversation téléphonique en direct à la télévision nationale. Mais une semaine après, Jammeh qui régna sur Banjul pendant 22 ans, se ravise, conteste les résultats, saisit la Cour suprême et refuse de céder le pouvoir. Le pays plonge dans une crise post-électorale.

C'est justement dans le cadre de cette crise qu'Adama Barrow, craignant pour sa sécurité, avait quitté le 15 janvier dernier Banjul pour Bamako où il avait été invité pour sa première sortie officielle en tant que « président élu » au sommet Afrique-France. C'est de là qu'il s'est réfugie à Dakar où il a prêté serment dans l'enceinte de l'ambassade de Gambie.

La crise post-électorale qui aura duré une quarantaine de jours se soldera par le départ en exil de Jammeh, le 21 janvier en Guinée-Equatoriale, sous la menace militaire de la Cedeao. Après cet épisode, le troisième président de la Gambie indépendante foulera, ce jeudi, le sol de son pays après avoir reçu le feu vert de la force de la Cedeao qui a ratissé le pays pour « réunir les conditions du retour de son président démocratiquement élu »

La "Nouvelle Gambie" post-Jammeh

Dans un premier temps, le nouveau président gambien devrait être logé dans une résidence en attendant de sécuriser totalement le State House, le palais présidentiel gambien. Autre détail à régler, la prestation de serment contestée d'Adama Barrow, ne devrait pas être reprise. Mais, Adama Barrow organisera, le 18 février, date de la fête d'indépendance de cette ancienne colonie d'Afrique, un moment de communion avec le peuple gambien au Stade de l'Indépendance à Banjul.

Aujourd'hui, le retour d'Adama Barrow sonne comme une renaissance de la Gambie post-Jammeh. A Banjul, la coalition de partis qui ont porté sa candidature appelle les Gambiens à sortir en masse pour un réservé un chaleureux accueil à Adama Barrow. L'euphorie de la libération de deux décennies particulièrement difficiles de la gestion de Jammeh, devrait s'emparer des rues de Banjul et même au-delà.

Pourtant, les défis sont nombreux pour Adama Barrow dans son costume de président. Le troisième président de la Gambie prend la tête d'un pays où plus de 60% des 2 millions de Gambiens vivent en dessous du seuil de pauvreté. L'économie du pays, essentiellement basée sur une agriculture de subsistance et des recettes touristiques saisonnières, devra aussi être restructurée. Pour cela, le président gambien devra s'atteler à former son gouvernement très attendu mais aussi organiser la justice transitionnelle dans le pays. Autant de défis pour une nouvelle Gambie qui écrit une nouvelle page de son histoire !

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 26/01/2017 à 17:23 :
Que le président élu commence par nettoyer la police secrète de jammeh.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :