Gambie : la balle est dans le camp d’Adama Barrow

Après avoir tourné la page de 22 ans de règne de Jammeh, Adama Barrow devra bientôt faire son entrée à Banjul. Un nouvelle ère politique qui s’annonce ardue pour le président qui vient d’annoncer sa volonté de dissoudre la police secrète de Jammeh et de mettre en place une commission d’enquête indépendante. Il n’empêche que Barrow sera obligé de composer avec les anciens du régime qui forment toujours l’ossature de l’Etat gambien pour assurer la transition et maintenir l’ordre public.
Amine Ater

2 mn

(Crédits : Reuters)

Dénouement pour la crise gambienne avec le départ de Yahya Jammeh vers la Guinée. Une étape qui sera suivie par celle de la Guinée équatoriale. Il aura fallu une pression internationale continue et surtout une incursion des forces de la CEDEAO en Gambie pour faire plier l'ex-président gambien. Lors des derniers jours de la crise politique, en plus de la médiation de la CEDEAO, les diplomaties marocaines, mauritaniennes et guinéennes se sont succédés au State House pour arracher un départ pacifique de Jammeh.

Il aura donc fallu de longs rounds de négociations menés par une équipe guinéo-mauritanienne conjugués au pressing militaire du contingent de la CEDEAO pour cette « exfiltration pacifique », se fasse. Une pression qui n'a pas empêché Jammeh d'imposer certaines conditions à son départ, notamment « sécuriser » un revenu pour lui et sa famille et une « immunité » pour lui et ses partisans.

Des concessions qui ont débouché sur le départ de Jammeh, le samedi 21 janvier, de l'aéroport de Banjul à bord du jet du président guinéen Alpha Condé en direction de Conakry, première étape de son exil. Il n'empêche que Jammeh aura eu droit à une véritable cérémonie de départ avec l'hymne nationale interprétée par une fanfare et tapis rouge jusqu'à l'appareil sous les acclamations de ses partisans.

Que fera Barrow ?

Le nouveau président Adama Barrow et la CEDEAO, l'UA ou encore l'ONU se sont engagés à assurer la sécurité des partisans de l'ancien régime et qu'aucun de leur bien ne sera saisi. Reste à savoir comment le nouveau chef d'Etat réussira à réconcilier un pays qui compte encore de nombreux partisans de Jammeh, notamment dans les rangs des militaires et des forces de sécurité. Sachant que Barrow devra pâtir d'un « handicap » dû à une cérémonie d'investiture dans un pays étranger, bien qu'effectuée dans les locaux de l'ambassade gambienne (techniquement faisant partie du territoire).

C'est donc une nouvelle ère politique qui s'ouvre en Gambie après 22 ans de règne de Jammeh. Le nouveau locataire du State House devra relever plusieurs défis, notamment concilier avec les partisans de Jammeh qui contrôlent toujours les postes clés de l'Etat gambien, surtout après que ce dernier ait annoncé son intention de dissoudre la National Intelligence Agency (NIA). Barrow devra également éviter une chasse aux sorcières à l'encontre des partisans de l'ancien régime. En témoigne sa décision de créer une commission d'enquête qui devra se pencher sur les cas de violation de droits de l'homme, reste à savoir les mécanismes qui seront adoptées par cette structure.

Amine Ater

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