Erdogan exporte sa « croisade » anti-Gülen en Afrique de l’Est

La tournée Est-africaine de Recep Tayyip Erdogan démarrée aujourd’hui signifie l’internationalisation de la traque contre la confrérie Gülen. Ankara a choisi la Tanzanie comme première étape d’une mission de sensibilisation qui durera jusqu’au 26 janvier prochain et fera escale au Mozambique et à Madagascar.
Amine Ater

2 mn

Erdogan semble décidé de traquer la Confrérie Gülen en Turquie comme en Afrique
Erdogan semble décidé de traquer la Confrérie Gülen en Turquie comme en Afrique (Crédits : © Brendan McDermid / Reuters)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, vient de quitter ce dimanche la Turquie vers la Tanzanie, première étape d'une tournée en Afrique de l'Est. Un road-show africain du président turc destiné à « contrer l'influence » de la confrérie Gülen, bête noire du leader de l'AKP depuis la tentative de coup d'Etat de juillet dernier.

En plus de rallier, les gouvernements d'Afrique de l'Est à sa « croisade anti-Gülen », l'objectif d'Erdogan est d'affaiblir le réseau de structures reliés à l'ex-allié de l'AKP composé d'entreprises, d'écoles et d'ONG mises en place dans différents pays du continent. Une mission qui devrait conduire le président turc au Mozambique et à Madagascar, après l'étape tanzanienne.

Par cette tournée qui tranche avec les positions habituelles d'Ankara au niveau africain, Erdogan vient d'internationaliser de fait sa traque des gülenistes. Une purge qui a débuté en Turquie au lendemain de la tentative de putsch qui s'est traduite par l'arrestation de 43.000 personnes. Une traque qui n'a épargné aucune institution publique, touchant aussi bien l'armée, la police et la justice que l'éducation publique. Aux arrestations se sont ajoutées les licenciements de milliers de fonctionnaires ou encore les fermetures d'organes de presse. Une pression qui touche également les entreprises soupçonnées de rapprochement avec la confrérie.

Quelle attitude adoptera Ankara, hors de sa zone de confort ?

Cette tournée qui devrait durer jusqu'au 26 janvier vise également à limiter les capacités de financements de la confrérie Gülen. Un appel au soutien international qui a entraîné la décision du ministère de l'Intérieur marocain d'ordonner la fermeture pure et simple d'écoles supposées être affiliées à la Confrérie. Rabat a rappelons-le, été parmi les premiers pays à avoir soutenu le président Erdogan lors de la tentative de coup d'Etat.

Reste à savoir si les autres capitales africaines seront aussi enclines à s'attaquer aux structures affiliées à la confrérie Gülen, sachant que ces dernières sont généralement présentes dans des secteurs où ces Etats peinent à assurer un service minimum à ces citoyens. En clair, certains gouvernements ne pourront pas décider la fermeture d'écoles, de dispensaires voire d'associations qui distribuent des denrées alimentaires, sans aucune forme d'alternative. Une situation qui pourrait pousser Ankara à proposer des « contreparties » aux Etats en retour de leur coopération.

En effet, la Turquie dispose d'un moyen de pression face à l'Europe et notamment les pays des Balkans et d'Europe centrale avec la question des migrants, ou encore vis-à-vis des pays du Maghreb qui comptent de nombreux ressortissants qui combattent actuellement en Syrie. Mais hors de sa zone de confort, Ankara ne dispose pas de réels moyens de pressions sur les pays d'Afrique sub-saharienne. Un Etat de fait qui devrait pousser Erdogan à adopter une position plus « souple » avec ces pays.

Amine Ater

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