Kenya : à qui profite le couvre-feu aux frontières de la Somalie ?

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(Crédits : Reuters)
La région frontalière entre le Kenya et la Somalie reste toujours une zone chaude. Le pouvoir à Nairobi vient de prolonger de trois mois un couvre-feu de douze heures dans la région de Mandera suite aux récents attentats terroristes lancés par le groupe islamiste somalien des Shebabs dans la région. Des observateurs remettent en question la pertinence de cette décision...

L'instabilité continue sur la zone frontalière entre le Kenya et la Somalie. Le pouvoir à Nairobi vient de prolonger de trois mois un couvre-feu de douze heures dans la région frontalière de Mandera suite aux récents attentats terroristes lancés par le groupe islamiste somalien shebab dans la région. Le ministre de l'Intérieur, Joseph Nkaissery, a déclaré que le couvre-feu, qui restera en vigueur jusqu'au 28 mars 2017, a pour but de dompter les terroristes dans la région. La mesure a été imposé pour la première fois le 27 octobre, après l'assassinat d'au moins douze personnes par les shebabs dans une maison d'hôte située dans une zone bordant la Somalie. Les habitants devront rester chez eux pendant le couvre-feu, sauf dans les circonstances spéciales autorisées par les commissaires de comté. Le couvre-feu prévoit que les habitants devront rester chez eux entre 18h30 et 06h30 à Mandera, Omar Jillo, Arabia, Fino, Lafey Kotulo, Elwak et les environs englobant 20km de la frontière entre le Kenya et la Somalie.

Les Shebab instrumentalisés ?

Les shebabs ont lancé une série d'attaques mortelles au Kenya depuis que les troupes kenyanes sont entrées en Somalie en octobre 2011 pour aider le gouvernement somalien à combattre le groupe. Récemment, les attaques des shebabs au Kenya se sont limitées à la région frontalière, visant principalement des non-musulmans et des policiers.

Le groupe terroriste ne serait pas le seul motif pour prolongé l'état d'urgence. Les élections générales prévues en août 2017 sont susceptibles d'alimenter les tensions au Kenya, y compris dans cette zone. Selon les observateurs, les tensions politiques se font sentir dans le comté de Mandera, en vue de l'élection du futur gouverneur. Pour eux, certains politiques ne voudraient pas que les élections aient lieu dans la zone en 2017...

Ironiquement, le premier danger pour les Shebabs ne vient pas des forces armées kényane, encore moins somaliennes. L'organisation terroriste de « l'Etat islamique » essaie à coopter le groupe considéré comme l'un des mouvements jihadistes les plus mortels d'Afrique. L'année dernière, le Daesh a lancé une vaste campagne de recrutement en Somalie afin d'inciter les soldats des Shebabs, mais en vain. Les responsables kényans du contre-terrorisme affirment qu'ils surveillent de près les affrontements récurrents entre les factions jihadistes.

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Commentaires
a écrit le 29/12/2016 à 13:26 :
Excellent article, merci beaucoup, ça fait tellement du bien de lire de la véritable information mondiale.

IL est quand même très intéressant que les Shebabs, eux-aussi djihadistes, refusent de s'allier avec DAESH, je suppose qu'ils ont vite compris que le but premier de DAESH n'était pas le djihadisme mais bel et bien le fric (mais certainement que leur motivation à eux aussu a peu de chance d'être idéologique, en général c'est soit la volonté de s'enrichir soit d'acquérir du pouvoir ce qui en capitalisme est à peu près pareil).

Assise sur deux mille milliards de dollars la multinationale de l'horreur fonctionne avec très peu de frais, la marge bénéficiaire y est donc gigantesque, autant dire que l'idéologie là dedans c'est bon pour les gogos que l'on envoie se faire tuer mais certainement pas pour ceux qui détiennent le magot.

Si l'humanité ne sort pas de la pensée binaire dans laquelle le capitalisme l'a enlisé elle est définitivement condamnée.

D'autres articles de ce genre sur ce sujet ne seraient pas du luxe parce que ce genre d'information, que nos médias de masse ne peuvent adapter à leur pensée détériorée, est capital pour mieux comprendre le phénomène DAESH et ce qui l'entoure.

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