Akufo-Addo président du Ghana : une double revanche sur l’Histoire

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(Crédits : Reuters)
La troisième tentative aura été la bonne. Après son échec aux portes de la présidentielle de 2008, sa courte défaite à la présidentielle de 2012, Nana Akufo-Addo a été déclaré vainqueur à la présidentielle du 7 décembre par les résultats de la commission électorale ghanéenne. Cette dernière apporte une caution officielle à une victoire, revendiquée bien avant la proclamation officielle des résultats par l’opposant historique, dont le suspense avait fait craindre des violences. Cette fin heureuse pour l’opposant devenu président donne une belle leçon de persévérance et... d'histoire!

Un parfum de revanche aux relents historiques a plané sur la présidentielle ghanéenne du 7 décembre. Le scénario avait les allures d'un double remake de ce que le passé doit au présent.

Revanche sur le remake de 2012 et au-delà....

D'abord sa revanche sur le président sortant. En 2012, après une carrière de ministre bien remplie, l'avocat Nana Akufo-Addo échoue à se faire élire au palais présidentiel du « Flagstaff House ». Après une présidentielle âprement disputée, les résultats sont décevant pour le fils d'Edward Akufo-Addo. Il est battu par John Dramani Mahama, président intérimaire après la mort de John Atta-Mills qui l'avait battu avec 50,70% des suffrages, contre 47,74%... une courte avance. En dépit de sa contestation du scrutin, Akufo-Addo n'avait pas pu convaincre la cour constitutionnelle du Ghana de trancher le litige en sa faveur.

Autre revanche, cette fois-ci plus symbolique que politique, l'opposant aujourd'hui devenu président devait également apporter une réplique historique à un constat dont la récurrence semblait vouloir se convertir en tradition politique : depuis 2001, tous les présidents ghanéens sans exception ont porté le prénom de « John ».

En prenant la succession de Jeremiah Jerry Rawlings en 2001, John Kufuor dirige le Ghana pendant deux mandats avant de passer le relais à John Atta Mills. L'intérim de ce dernier mort au pouvoir, en juillet 2012 à l'âge de 64 ans, est assuré par son vice-président, John Dramani Mahama. De cette lignée, deux « John », Atta-Mills en 2008 et Dramani-Mahama en 2012, ont battu par les urnes Nana Akufo-Addo qui n'a pas perdu espoir.

... sur l'Histoire

C'est donc une revanche personnelle et symbolique que vient remporter au soir du 7 décembre, cette fois-ci en changeant de stratégie. Le chef du Nouveau parti patriotique (NPP) a réussi haut la main et pris les devants. Quarante-huit heures après la fermeture des bureaux de vote, il avait célébré sa victoire avec ses partisans, mettant la pression sur la commission électorale. Cette dernière a fini par mettre fin au suspense par la proclamation des résultats définitifs officiels plus tôt que les « 72 heures post-vote » annoncés.

Lorsqu'il prendra place sur le fauteuil présidentiel, Nana Akufo-Addo aura sans doute une pensée pour Edward Akufo-Addo (son père), président entre 1970 et 1972 de la Deuxième République et mort en 1979. Deux « Républiques » plus tard, Nana Akufo-Addo deviendra le premier fils de président à devenir président du Ghana. Une revanche pour une l'Histoire.

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Commentaires
a écrit le 20/12/2016 à 19:06 :
C' est une Victoire et en même temps une fierté pour nous tous ,tous mis pour nous africains.
Je souhaite au nouveau président : la force, le courage et la détermination.
S'il est chrétien ou croyant, qu 'il soit rassuré que nos prières quotidiennes l' accompagneront.
Peut - on lui adresser une correspondance ? Si oui, par quelle adresse ? Merci de me répondre et meilleurs vœux à tous..
a écrit le 13/12/2016 à 22:17 :
Le tout n'est pas d'être élu président comme son père, mais de faire mieux que son paternel. Dans nos pays en développement, les dirigeants manquent de rigueur dans leur gouvernance. L'évolution de leur pays par l'instruction et une vie décente pour chaque citoyen de tous âge et de toute de classe, doit être le premier souci d'un chef d'État.
Tout ceci, accompagné d'un dialogue entre les pays du même Continent, afin d'assurer de bons échanges et surtout, surtout la paix, car ces pays sont trop souvent déchirés par des guerres qui ne cessent les appauvrir.
Je félicite le nouveau Président et lui souhaite une bonne et saine gouvernance.
JMRM

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