Côte d’Ivoire : la constitution adoptée avec une participation plus faible qu’en 2000

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(Crédits : Reuters)
Alors que les résultats chiffrés du référendum étaient donnés au compte-gouttes, ils sont désormais officiels et définitifs. Le suspense de l’annonce des résultats du référendum du 31 octobre aura donc été prolongé de plusieurs heures pour rien. La commission électorale indépendante (CEI) vient de confirmer ce qui était de notoriété de notoriété publique pour les 6,3 millions d’électeurs. A cette exception près que l’organe chargé de la supervision des élections en Côte d’Ivoire y apporte un cachet officiel et … les chiffres !

Les électeurs ivoiriens ont répondu « oui » à 93,42%, une nouvelle constitution qui institue une « troisième République » contre 6,58% pour les partisans du « non », selon les chiffres communiqués en cette fin de journée par la commission électorale indépendante (CEI). L'enjeu du scrutin, le taux de participation se situe à 42,42%.

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 Sans surprise, cette annonce des résultats officialise une idée à laquelle les électeurs ivoiriens s'étaient résignés avant même le début du vote : le « oui » allait l'emporter. Mais l'attente angoissée des Ivoiriens se situait au niveau du taux de participation. Celui du référendum de ce 31 octobre 2016 (42%) est beaucoup plus faible que les 56% de participation de constitution de 2000 qui avait été plébiscité à 87%.

De nouvelles institutions pour une Troisième République

Toujours est-il que l'adoption du texte « exauce » la volonté du président Alassane Ouattara qui avait porté le projet. A partir de cette adoption, le président peut désormais balayer de la constitution, le concept d'ivoirité qui avait gangréné la vie politique.

Avec l'entrée en vigueur du nouveau texte, l'exécutif ivoirien sera bicéphale avec un nouvel entrant, le poste de vice-présidence. Dans cette « Troisième République » également, le parlement deviendra bicaméral avec la création d'un sénat et l'institutionnalisation de la chefferie traditionnelle (chambre des rois et des chefs coutumiers).

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 Les premières critiques adressées au texte sont venues de l'opposition qui l'a qualifié de "monarchique et rétrograde" et qui battu campagne pour le boycott afin d'obtenir un faible taux de participation synonyme de désaveu pour le président Alassane Ouattara. Un faible taux de participation était synonyme « d'un succès éclatant du mot d'ordre de boycott que nous avons lancé. Il appartient au président Ouattara de tirer les conséquences (...) Soit il retire le texte, soit il démissionne », avait osé avant même l'annonce des résultats, Pascal Affi-Nguessan, du Front populaire ivoirien (FPI), un des partis d'opposition. Il semble que le parti au pouvoir semble sourd aux appels et qu'il ait décidé de danser pour célébrer sa victoire !

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Commentaires
a écrit le 04/11/2016 à 15:51 :
Juste pour rappel, la constitution de 2000 en Côte d'Ivoire a été voté sur deux (2) jours pour atteindre les 56%. Au premier jour, le taux de participation était d'à peine 36%.

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