7840 projets IDE en Afrique ces dix dernières années [Rapport]

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(Crédits : EY/LTA)
La branche africaine du cabinet international Ernst & Young vient de publier son rapport annuel sur les Investissements directs étrangers (IDE) dans lequel elle analyse notamment les performances du Continent au cours de la dernière décennie, révélant que une moyenne annuelle des 784 IDE, pour un total IDE sur la période de 7840 projets. Des investissements dont la cartographie des destinations s'est également modifiée avec le temps. Les détails.

Entre 2008 et 2017, les investissements directs étrangers (IDE) en Afrique affichent une moyenne annuelle de 784. C'est ce que révèle la nouvelle étude du cabinet international Ernst & Young Africa publiée ce lundi 29 octobre et intitulé : «Turning tides».

En dix ans en effet, l'Afrique a attiré au total 7840 IDE selon la même source. Mais alors que ces derniers atteignaient leur plus haut niveau sur la période en 2011 (923 investissements), quatre événements majeurs ont parfois freiné l'engouement des investisseurs : la crise financière mondiale de 2008 dont les effets se sont considérablement prolongés sur les deux années suivantes ; le printemps arabe qui a freiné les IDE dans les pays du Nord du Continent ; la crise des marchés émergents en 2014 et la chute de la croissance en Afrique subsaharienne en 2016 qui ont pendant ces années attisé l'appétit des investisseurs.

IDE EY

Tendance haussière en vue

A partir de 2017, les IDE reprennent et EY s'attend à ce que cette tendance se poursuive en 2018. L'année dernière en effet bien que de 8% en deçà de la moyenne annuelle de la dernière décennie, les IDE ont grimpé de 6% à 718 en nombre de projets. Une performance imputable, selon les auteurs du rapport, à la reprise économique observée à travers le Continent dans un contexte de faiblesses des monnaies locales qui a engendré des gains supplémentaires sur les coûts. De plus, ajoutent-ils, «l'augmentation en IDE a été favorisée par le passage continu des extractive à l'investissement durable».

La tendance à la hausse attendue par EY au cours des prochaines années est motivée par le facteur long terme que les investisseurs privilégient dans leurs stratégies et les faibles taux de croissance qu'ils envisagent comme réversibles. D'ailleurs, avec les prévisions de croissance positives jusqu'en 2020 dans plusieurs économies du Continent, les experts de EY pensent qu'autant de facteurs pourraient encourager les investissements.

«Il existe des opportunités majeures dont le continent peut bénéficier après les récents changements de leadership dont nous avons été témoins. Ces opportunités nécessitent un leadership enhardi pour conduire de nouvelles réformes et mettre en œuvre de nouvelles initiatives encourageant les flux d'investissements entrants», a déclaré Ajen Sita, PDG d'EY Africa, citant l'exemple du Rwanda qui, aujourd'hui, est «capable d'attirer des IDE bien avant d'autres économies de taille similaire, voire plus grandes»

La très dynamique Afrique de l'Est

Dans une analyse sous-régionale, EY montre qu'au cours de ces douze dernières années, s'est opérée une sorte de rééquilibrage des destinations des IDE. L'Afrique de l'Est qui était des moins plébiscités avec seulement 11% des IDE du Continent en 2005, en est désormais la première bénéficiaire 27% des IDE d'Afrique en 2017, portée par le Kenya.

IDE EY

En revanche, l'Afrique du Nord qui mobilisait à elle seule 44% des IDE du continent en 2005, est passé deuxième avec 26% en 2017. Belle progression aussi pour l'Afrique de l'Ouest qui est passé de 16% à 24% sur la période.

Nuances

Au niveau régional, c'est le Maroc qui s'illustre comme la première destination des IDE en Afrique avec 96 IDE en 2017, aux côtés de l'Afrique du Sud qui réalise la même performance, contrairement au rapport de Quantum publié en mars dernier. En effet, celui-ci donne bien le Maroc premier, mais l'Afrique du Sud 4ème. La différence entre les deux études est que celle de Quantum s'articule autour de la valeur des IDE, tandis que EY se base sur le volume de ces IDE.

Par ailleurs, le nouveau rapport de la CNUCED sur les investissements dans le monde au premier semestre 2018 pourrait nuancer les prévisions de hausse continue des IDE en Afrique en 2018 par EY. Mais ledit rapport ne faisant état que d'une régression de 3% des flux comparé à la même période l'an dernier, une meilleure performance au cours de second semestre - qui s'achève dans deux mois- est encore envisageable surtout dans un contexte où les pays d'Afrique poursuivent leurs opérations séduction auprès des investisseurs, comme c'était le cas du président Cyril Ramaphosa à la South Africa Investment Conference à Johannesburg la semaine dernière.

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