Edmond de Rothschild Private Equity lève six nouveaux fonds

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Johnny El Hachem, CEO de Edmond de Rothschild Private Equity.
Johnny El Hachem, CEO de Edmond de Rothschild Private Equity. (Crédits : DR)
Doubler ses encours en 3 ans pour atteindre 5 milliards d'euros sous gestion d'ici 2021, telle est l'ambition d'Edmond de Rothschild Private Equity qui poursuit sa stratégie basée sur l'identification des niches et la pénétration du continent africain considéré comme «le dernier continent de croissance structurelle».

La plateforme d'investissement qui gère actuellement 2,3 milliards d'euros, offre une gamme de prestations renouvelée en 2018 et va lever 6 nouveaux fonds. Dirigé par Johnny El Hachem, Edmond de Rothschild Private Equity propose actuellement une dizaine de stratégies d'investissements de niche dans des secteurs variés.

Ce sont 4 stratégies de croissance, 2 stratégies pour les économies émergentes et 6 stratégies sur les actifs réels, avec un objectif de collecte de 3 milliards d'euros à 3 ans (fin 2021) qui porteront les encours d'Edmond de Rothschild Private Equity à plus de 5 milliards d'euros. «Nous ne sommes pas dans une course aux encours mais dans des stratégies qui créent de la valeur, grâce à l'agilité de notre plateforme, à notre capacité de s'associer avec les meilleurs experts et grâce à l'autonomie de nos équipes» a souligné Johnny El Hachem.

2018 marquera la création d'un fonds de fonds hybride, associant investissement primaires, secondaires et co-investissements avec un objectif de 150 millions d'euros, le lancement du 2ème vintage de son fonds spécialisé dans l'hôtellerie de luxe avec un objectif de 250 millions d'euros et la déclinaison consacrée au marché britannique de ses fonds spécialisés dans la réhabilitation de friches industrielles polluées, avec un objectif de 100 millions d'euros.

Par ailleurs, Edmond de Rothschild PE mise sur les infrastructures environnementales (transition énergétique, gestion du cycle de l'eau, traitement et valorisation des déchets) avec un objectif de 200 millions d'euros, et sur les sociétés technologiques à forte croissance (éditeurs de logiciels, cloud, intelligence artificielle, big data, cyber sécurité) appuyées par des équipes basées à Londres et aux Etats-Unis avec un objectif de 200 millions d'euros.

Amethis, le «chaînon manquant» du Private Equity

Le fonds créé en 2012 et dirigé par Luc Rigouzzo (ex DG de Proparco) dispose d'une capacité d'investissement de 530 millions de dollars. La filiale du groupe Rothschild dédiée à l'Afrique propose du capital-développement aux entreprises du continent et offre une gamme d'instruments financiers à long-terme, tout en revendiquant des objectifs de développement social, environnemental et de gouvernance élevés.

Les partenaires d'Amethis favorisent «la création de valeur- qui - se fait sur le terrain et pas dans les conseils d'administrations» ajoute Johnny El Hachem, soulignant l'implantation régionale du groupe qu'il considère comme une véritable valeur ajoutée et précisant que «Rothschild fait des affaires en Afrique, pas de la philanthropie». A ce jour, le continent représente en effet, quelques 700 millions d'euros d'investissement  pour Edmond de Rothschild Private Equity.

«Nous sommes présents dans les économies diversifiées qui ont atteint un certain stade de développement» explique Luc Rigouzzo, qui considère l'Afrique comme «le dernier continent de croissance structurelle».

Amethis Finance a conclu 15 investissements et a créé un portefeuille d'entreprises à travers une dizaine de pays d'Afrique anglophone et francophone. Le fonds s'intéresse aux entreprises dont la valeur est estimée entre 50 et 200 millions d'euros, principalement dans les secteurs fournissant des biens et services aux populations urbaines avec l'objectif d'atteindre des taux de rentabilité interne supérieurs à 20 %.

«Nous ne sommes pas sur les autoroutes mondiales du private equity (...) Amethis Finance représente le chaînon manquant entre les investisseurs qui s'intéressent au continent et les PME africaines» explique Luc Rigouzzo qui se distingue ainsi des géants américains.

La banque (Maroc, Côte d'Ivoire, Madagascar et Maurice), la plasturgie et le packaging (Kenya), ou encore la distribution (Maroc, Côte d'Ivoire), la logistique (Maurice) et la santé (Côte d'Ivoire) reflètent la diversité des investissements d'Amethis sur le continent.

Des investissements «responsables» en Afrique

A ce jour, 250 millions d'euros ont été investis par Edmond de Rothschild PE et plus de 5 100 emplois ont été créés ou maintenus, 7 500 hectares de terres réhabilitées pour 6 500 fermiers, 600 000 m² de terrains dépollués et 2 100 habitations construites.

En termes d'impact social et environnemental, Luc Rigouzzo se félicite des résultats mesurés en Afrique depuis 3 ans, en chiffres ce sont «18 000 personnes employées, dont 37% de femmes qui représentent 25% des managers, 3 600 emplois créés, 11.000 jours de formation dispensés aux salariés, 9 millions de nouveaux clients au sein des banques dans lesquelles Amethis a investi dont 500.000 relevant d'une catégorie de micro-finance». Par ailleurs, près de 40 millions d'euros d'impôts sont collectés par les Etats grâce aux investissements d'Amethis Finance.

Ensuite, à travers le fonds d'investissement Moringa, créé à l'initiative de la Compagnie Benjamin de Rothschild (CBR) et de l'Office National des Forêts International (ONFI), le groupe soutient les projets d'agroforesterie durable. Moringa veut investir 100 millions d'euros dans des plantations forestières qui associent une composante agricole (culture ou élevage), en respectant des normes environnementales qui permettent d'améliorer la qualité des sols, de diminuer la pollution des nappes phréatiques ou de réduire l'érosion, tout en créant des sources de revenus aux populations africaines (Bénin) et sud-américaines. Par ailleurs, les projets portés par Moringa devraient permettre, le stockage de 20 millions de tonnes d'équivalent CO2.

Parallèlement, le groupe est entré sur le marché de la santé en Afrique de l'Ouest avec NOVAMED, grâce à un investissement minoritaire dans le Groupe HMAO (6 cliniques, une clinique dentaire et un laboratoire) à travers Amethis, également présent dans l'assurance, l'immobilier, l'offshoring, l'éducation et la santé, via sa filiale Meden Healthcare.

Dynamiser les échanges sur le continent

Selon le DG d'Amethis Finance, les prospectives commerciales africaines se recentrent sur le continent. «L'Afrique a longtemps été un continent extraverti, qui regardait vers l'extérieur pour vendre ses matières premières et les échanges sous-régionaux y étaient limités. Aujourd'hui, ils se développent beaucoup sur le continent (...) Les pays les plus avancés comme l'Egypte ou l'Afrique du Sud s'intéressent depuis une dizaine d'années à l'Afrique subsaharienne. C'est un mouvement très fort dans les pays où le PIB par habitant est élevé (...) Toutes les opérations faites par Amethis sur le Maroc étaient dans les groupes qui considéraient l'Afrique de l'Ouest comme une prochaine étape à leur développement». Les échanges commerciaux entre le royaume du Maroc et l'Afrique subsaharienne ont enregistré une croissance annuelle moyenne spectaculaire de 9,1% entre 2008 et 2016 selon une étude de l'Office des changes.

Alors que l'intérêt des économies africaines les plus dynamiques se porte de plus en plus vers l'Afrique francophone, cette région accuse encore un certain retard par rapport à ses voisins anglo-saxons en matière d'échanges commerciaux à l'échelle régionale. «Les échanges intra-régionaux sont relativement élevés en Afrique de l'Est, entre le Kenya et la Tanzanie et l'Ouganda par exemple, comparativement à ce que l'on observe en Afrique de l'Ouest, en Afrique Centrale et même au Maghreb» a constaté Luc Rigouzzo.

In fine, le DG d'Amethis considère, que l'intérêt grandissant des pays anglo-saxons et arabophones pour les pays d'Afrique francophone, devrait stimuler l'investissement et participer à dynamiser les échanges sur le continent.

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