Capital-investissement  : l'Afrique fait son « TRI »

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(Crédits : Shutterstock/LTA)
Sur le Continent, le « Private Equity » a mobilisé 3,8 milliards de dollars en 2016, une goutte d'eau dans l'océan mondial de l'investissement. Pourtant, en Afrique plus qu'ailleurs, les fonds qui réussissent sont ceux qui misent sur les fondamentaux, les besoins locaux et parient sur le long terme.

Afrique a soif de capitaux. Au-delà des traditionnelles aides au développement, le Continent a cruellement besoin de ressources en capitaux propres, stables et de long terme... un secteur privé florissant ne saurait s'en passer. Face à cette réalité, de l'autre côté du miroir, les investisseurs internationaux sont à l'affût d'opportunités nouvelles, et n'ont de cesse de chercher à diversifier leur exposition géographique et à s'introduire dans des marchés affichant des profils de croissance et de risque complémentaires à leurs portefeuilles. Sur le papier, fonds d'investissement internationaux et entreprises privées africaines ont donc tout pour s'entendre, chaque partie répondant aux besoins et aspirations de l'autre. Et pourtant, dans les faits, la rencontre entre les deux sphères reste embryonnaire en Afrique, même si la tendance s'avère pour le moins prometteuse.

Une analogie suffit à approcher le retard en la matière et son corollaire de gisements d'opportunités : il y a un nombre similaire de sociétés de capital-investissement (Private Equity, PE) en Afrique qu'en Scandinavie, et qui génèrent environ la moitié du volume d'investissement ! C'est dire combien l'activité en est à ses balbutiements sur le Continent, d'autant que les indicateurs fondamentaux (démographie, croissance potentielle, ressources...) entre les deux zones confèrent un attrait incommensurable au bloc africain. Si nombre de grandes enseignes de Private Equity boudent l'Afrique, le plus souvent par aversion au risque, celles qui s'y installent sur le long terme y trouvent un souffle formidable de croissance, et leur épopée ne fait que commencer.

Carte private equity

Selon l'AVCA (l'Association africaine des fonds d'investissement), 919 opérations de PE ont eu lieu en Afrique entre 2011 et 2016, totalisant une valeur de 22,7 milliards de dollars. Sur la même période, les fonds de PE dédiés à l'Afrique ont levé 16,5 milliards de dollars sur les marchés financiers internationaux et régionaux. Rien qu'en 2016, 145 opérations ont été recensées par l'AVCA pour un investissement total de 3,8 milliards de dollars. Une goutte d'eau dans l'océan de la PE mondiale, qui a levé 347 milliards de dollars en 2016. De quoi relativiser sérieusement l'attrait du Continent à l'échelle internationale, sur le plan quantitatif du moins.

Création de valeur, l'exception ?

Car sur le plan qualitatif, il faut dire que les opérations réalisées en Afrique tranchent globalement avec les reproches tenus à l'égard de la finance internationale, souvent taxée de sauvage.

En ce sens où, alors que le PE dans les pays les plus avancés est souvent associé, au niveau opérationnel, aux restructurations et aux réductions de masse salariale, ces opérations sont plutôt orientées croissance et développement d'activité. Évidemment, ce n'est ni par charité ni dans une logique de noble...

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Commentaires
a écrit le 19/04/2017 à 3:19 :
Bonjour, selon le contexte des certains états sub-sahariens la où le développement est au ralenti, le secteur privé est non négligeable. Des capitaux en fond propre accordés aux PME, peuvent jouer un rôle important et toucher les plus vulnérables directement. De la création d'emploi à la production. Cordialement

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