Nigéria : le sénat sur les traces de 25 milliards de dollars engloutis dans l'entretien des raffineries

Après 4 ans d'accalmie, le sénat nigérian revient à la charge et réclame des comptes sur 25 milliards de dollars dépensés dans l'entretien des raffineries pétrolières du pays, aujourd'hui en mauvais état.
(Crédits : Reuters)

L'affaire a a éclaté en 2015, lorsqu'un le Nigéria a annoncé que la compagnie pétrolière d'État nigériane (NNPC) n'a pas transféré 4,9 billions de nairas, soit 25 milliards de dollars dans les fonds publics entre janvier 2011 et décembre 2015. Le Sénat avait alors  demandé à la Commission des ressources pétrolières d'enquêter sur les dépenses de 25 milliards de dollars pour l'entretien des quatre raffineries du pays au cours des 25 dernières années. Depuis l'affaire est presque tombée aux oubliettes jusqu'à l'introduction récente d'une motion du sénateur Yusuf Yusuf au Sénat nigérian. Ce dernier a déclaré être choqué par les montants évoqués alors que les installations pour  production pétrolière sont toujours moribondes. Le sénat s'intéresse principalement à la gestion de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), qui a dépensé plus de 396 millions de dollars pour la maintenance des raffineries du pays entre 2013 et 2015. Ces raffineries sont des installations de production composées d'un groupe de processus unitaires de génie chimique et d'opérations unitaires affinant certains matériaux ou convertissant des matières premières en produits finis. Le NNPC se charge de quatre raffineries : deux à Port-Harcourt (PHRC), un à Kaduna (KRPC) et un quatrième à Warri (WRPC).

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Ces raffineries ont pour vocation de répondre aux besoins en énergie du pays de 200 millions d'habitants. Le Nigéria première producteur de pétrole africain, avec des volumes d'environ 2 millions de barils par jour, importe actuellement près de 90% de ses besoins en gaz de pétrole. Une situation qui résulte d'une mauvaise gestion du secteur secoué par de nombreux scandales de corruption dans l'administration pétrolière au cours de ces dernières années. A peine élu à la tête du pays en mai 2015, Muhammadu Buhari a licencié plusieurs cadres supérieurs de la NNPC et a approuvé une refonte de la structure pour favoriser la transparence du secteur, qui représente environ 70% du revenu national. Le pays s'apprête aujourd'hui à mettre en place une nouvelle loi régissant l'industrie pétrolière pour réorganiser le secteur,  en révisant la taxation, le rôle de la NNPC, les règles environnementales et le partage des revenus.

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