Algérie : les chantiers qui attendent Kamel-Eddine Chikhi, nouveau patron de la Sonatrach

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(Crédits : Reuters)
En Algérie, la Sonatrach vient de consommer son dixième PDG en deux décennies, après le limogeage de Rachid Hachichi à qui succède Kamel-Eddine Chikhi. A peine installé à la tête de la compagnie nationale à un moment charnière de l’histoire du pays, le nouveau président affiche ses priorités.

Nouvelle loi, nouveau PDG et des challenges pour la Sonatrach algérienne, la Société nationale pour la recherche, la production, le transport, la transformation, et la commercialisation des hydrocarbures. Après seulement sept mois à la tête du joyau national algérien, Rachid Hachichi cède sa place à Kamel-Eddine Chikhi. La nomination de cet homme intervient le 14 novembre, à la suite du limogeage de son prédécesseur -pour des raisons inconnues- dans la foulée de l'adoption de la loi portant code des hydrocarbures. La nouvelle réglementation adoptée par les députés jeudi dernier remplace la loi N°05-07 de 2005. Cette dernière a été jugée obsolète et peu attractive pour les investisseurs en Algérie, surclassée, dans un environnement africain de plus en plus concurrentiel.

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Développer un tissu de PME locales pour réduire les importations

Devant la presse, le 17 novembre à Alger, le nouveau PDG donne le ton sur les chantiers prioritaires de la Sonatrach, société pétrolière et gazière détenue à 100% par l'Etat.

Désormais, la Sonatrach va s'atteler à la transformation des ressources énergétiques en produits de pétrochimie, explique Kamel-Eddine Chikhi. L'idée est de limiter les importations et d'améliorer les exportations pour renforcer les réserves de changes du pays nord-africain, en pleine transition politique. Les réserves de changes algériennes -appelées à baisser dans les prochaines années- ont été estimées à 72,6 milliards de dollars fin avril 2019. La loi de finances 2019 prévoit, pour la période 2019-2021, une baisse progressive des réserves de change à 62 milliards dollars en 2019, ensuite à 47,8 milliards dollars en 2020 pour atteindre 33.8 milliards de dollars en 2021.

Par sa stratégie, la Sonatrach veut contribuer au développement des exportations en misant sur le développement d'un tissu de PME locales, dans un environnement de difficultés accrues pour ces PME. L'Organisation nationale du patronat et des entrepreneurs algérienne vient d'alerter sur les risques de faillite pour 5 800 PME et PMI.

Relever les réserves d'hydrocarbures

Pour permettre à la Sonatrach - qui représente 60% du budget algérien et 95% des recettes d'exportation - de jouer pleinement son rôle dans le développement économique du pays, Chikhi mise sur le nouveau code des hydrocarbures. Par sa flexibilité réglementaire et fiscale pour les compagnies pétrolières, le texte, un remake de la loi de 1986 sur les hydrocarbures, a été élaboré pour attirer les investisseurs. D'après le nouveau PDG, relayé par l'agence de presse algérienne APS, cette révision « vient à point nommé insuffler une nouvelle dynamique en matière de recherche et d'exploration et libérer l'initiative en matière de partenariat ». Elle devrait aider le pays à 'attirer les capitaux nécessaires au développement de l'industrie pétrolière, ainsi que les technologies de pointe pour accélérer l'exploitation des gisements pétroliers et gaziers du pays.

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Après des années de léthargie, l'Algérie est en recherche active d'investissements, dans l'exploration et l'exploitation pétrolières et gazières pour renouveler ses réserves, assurer sa sécurité énergétique et améliorer ses exportations.

« Les efforts doivent être focalisés sur la recherche et l'exploration ainsi que sur la réévaluation des réserves avérées de la compagnie en vue de compenser les volumes consommés jusque-là, et augmenter ces réserves pour pouvoir garantir la sécurité énergétique de notre pays à long terme », a déclaré Chikhi.

Le gouvernement espère par la nouvelle loi, adoptée dans la contestation par les députés, redynamiser le secteur des hydrocarbures du pays, 3e producteur africain de pétrole et dans le Top 10 des producteurs mondiaux de gaz. Les opposants au texte réfutent la légitimité des autorités de transition à prendre cette décision, en les accusant de brader les ressources du pays.

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