Le Kenya exporte ses premiers barils de pétrole

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(Crédits : DR)
Le Kenya a expédié à l’étranger ses premiers barils en provenance du bassin de Lokichar dans le nord du pays. La livraison a ravivé les revendications des communautés riveraines dont les intérêts sont garantis par une nouvelle loi sur le pétrole.

Le Kenya a livré ses premiers barils de pétrole à la société de négoce ChemChina UK Ltd hier lundi 26 août. Une première cargaison de 250 000 barils en attendant les livraisons commerciales attendues à la fin de la construction du pipeline Lokichar-Lamu. «D'ici 2020, nous devrions avoir les plans nous permettant de procéder à la construction du pipeline de Lokichar à Lamu», a déclaré John Munyes, ministre des Mines et du pétrole kényan.

Le début de l'exploitation pétrolière dans le nord du pays a suscité les revendications des populations locales. Elle réclame une répartition plus équitable des richesses issues des hydrocarbures et exhorte le gouvernement d'Uhuru Kenyatta à respecter ses engagements en faveur d'une meilleure redistribution des richesses.

Une loi qui régule sur le secteur

Afin de prévenir toute escalade à l'image d'autres pays comme le Nigeria confronté à des mouvements armés de saboteurs dans le Delta du Niger, le président Uhuru Kenyatta a signé en mars dernier une loi réglementant l'exploitation pétrolière. La loi attendue depuis de nombreuses années détermine entre autres les modalités de répartition des revenues issues du pétrole entre les compagnies pétrolières, le gouvernement et les communautés locales. Elle accorde 75% des revenus au gouvernement central, 20% aux autorités locales et 5% aux communautés. La version actuelle dont l'adoption a été retardée par les différends entre le gouvernement et les communautés locales sera révisée au bout de 10 ans d'application pour la rendre plus adaptée aux réalités.

Une production 100 000 barils par jour en 2020

Au Kenya la compagnie pétrolière Tullow Oil estime les volumes du champ de Turkana à 560 millions de barils de pétrole et s'attend à ce qu'ils produisent jusqu'à 100 000 barils par jour à partir de 2022. La société britannique a déclaré que ses partenaires et elle-même avaient jusqu'à présent investi 2 milliards de dollars au Kenya.

«Après avoir dépensé 2 milliards de dollars, les partenaires de la coentreprise pourront se procurer un peu de cette chèvre. Il y a beaucoup plus d'investissements à venir qui créeront des emplois dans tout le Kenya», a déclaré le directeur général de Tullow, Paul McDade selon les informations de Reuters.

Une réponse aux revendications de trois gouverneurs de régions concernés par l'exploitation pétrolière ayant comparé le pétrole à une chèvre à se partager. La décision finale d'investissement dans les gisements du nord kényan est attendue en 2020, après l'accord avec les communautés locales pour l'usage des ressources en eaux de la région par les plateformes pétrolières, selon John Munyes, ministre des Mines et du pétrole du pays d'Afrique de l'Est.

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