Zambie : report de l’application de la nouvelle taxe sur les ventes

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La Zambie est le second producteur africain de cuivre dont les revenus représentent quelque 70 % des recettes d’exportations.
La Zambie est le second producteur africain de cuivre dont les revenus représentent quelque 70 % des recettes d’exportations. (Crédits : DR.)
Les autorités zambiennes annonçaient il y a quelques mois une taxe généralisée sur les ventes de biens et services qui devait initialement être introduite en avril. Destinée à rééquilibrer l’économie du pays surendetté, la taxe polémique a été reportée au début de l’année prochaine.

Le gouvernement zambien fait machine arrière dans sa décision d'instaurer une taxe sur les produits vendus en remplacement de celle sur la valeur ajoutée (TVA) dont la mise en place a été initialement prévue en avril 2019. La décision a été reportée au mois de janvier 2020, a annoncé Bwalya Ng'andu ministre des Finances dans un communiqué publié vendredi.

Ce report devrait permettre au gouvernement d'affiner la loi, selon le ministre des Finances. La Zambie est le second producteur africain de cuivre dont les revenus représentent au moins 70 % des recettes d'exportations. Le pays qui a voulu remplacer la taxe sur la valeur ajoutée par une taxe de vente non remboursable s'est heurté à une vive opposition de la part des entreprises surtout du secteur minier.

Faire baisser la tension

Afin d'approfondir le dialogue et de trouver des réponses aux différentes questions soulevées, Ng'andu a annoncé le retrait du projet de loi qui devrait être présenté à nouveau lors de la prochaine session parlementaire en septembre. L'industrie minière zambienne s'oppose farouchement à cet impôt, devenu un point sensible entre le gouvernement et le secteur le plus important de l'économie.

Arrivé à la tête du ministère des Finances du pays il y a un mois, Ng'andu a tenté de renouer le dialogue entre l'Etat et les opérateurs miniers. Les relations entre les différentes parties se sont détériorées à la suite de modifications fiscales et de conflits dont celui opposant le gouvernement d'Edgar Lungu aux actionnaires de Konkola Copper Mines.

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Plusieurs compagnies minières du pays dont Vendata et Glencore n'ont pas caché leur désapprobation vis-à-vis de cette nouvelle disposition attirant l'attention sur le fait que le pays courait le risque de voir des emplois supprimés dans le secteur. «Si vous souhaitez que votre relation avec les mines prenne fin, elle prendra fin», a déclaré Edgar Lungu aux sociétés étrangères opérant dans le secteur minier, en mai dernier, lors d'une intervention dans la «Région du cuivre», à 300 km au nord de la capitale Lusaka. La décision du report de la mise en place de la taxe devrait contribuer à apaiser les tensions entre les différents protagonistes.

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