Hausses des taxes minières : l’appel du pied de Barrick Gold à l’Etat Zambien

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(Crédits : Reuters)
Après la révision à la hausse des taxes minières entrée en vigueur en 2019, le producteur de cuivre, Barrick Gold, appelle à la concertation pour trouver un compromis équitable pour tous. A la sortie de sa première réunion du Conseil d'Administration organisée après la fusion avec son concurrent Rangold, la société minière a notamment insisté sur les conséquences d’une telle hausse pour le groupe qui peine à générer des bénéfices.

Face à la pression fiscale, Barrick Gold révise sa stratégie en Zambie pour rentabiliser ses investissements. Dans un communiqué - de ce lundi 21 janvier à la suite d'une réunion du conseil d'administration du groupe - consulté par La Tribune Afrique, la compagnie minière fait état des difficultés du groupe. Ce dernier envisage toutes les options notamment pour sa mine de Lumwana en Zambie, sachant que les nouvelles taxes minières instaurées par le gouvernement rendent difficile la génération de rendements.

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Barrick qui a conclu en 2018, un contrat pour racheter son rival Randgold en Zambie, pour la somme de 6 milliards de dollars, a réitéré sa volonté de poursuivre ses efforts afin d'amener le gouvernement zambien à trouver une solution acceptable pour tous dans le cadre de l'exploitation de la mine de cuivre de Lumwana. A la suite de cette première réunion du conseil d'administration de la mine de Lumwana depuis la fusion entre Barrick et Randgold, le directeur de l'exploitation de Barrick pour l'Afrique et le Moyen-Orient, Willem Jacobs, a expliqué que la société est consciente des pressions du gouvernement pour augmenter ses revenus. Mais il a jugé les modifications fiscales lourdes notamment pour la mine de Lumwana.

«Les hausses des taxes et redevances mettraient en péril la capacité de la mine à assurer des rendements à toutes les parties prenantes, telles que la contribution significative de plus de 3,3 milliards de dollars qu'elle a déjà apporté à l'économie zambienne au cours des 10 dernières années», a rappelé Jacobs dans le communiqué.

Pour sa mine de Lumwana, Barrick table sur une production comprise entre 86 182 et 102 058 tonnes en 2018, soit plus de la moitié de sa production totale évaluée à 173 725 tonnes. Lumwana est une exploitation à ciel ouvert classique, situé à environ 100 kilomètres à l'ouest de Solwezi, dans la ceinture de cuivre de la Zambie.

Licenciements en perspectives

Si les hausses persistent, le groupe devrait prendre des mesures. Parmi les options à envisager, l'on redoute notamment des licenciements, à l'image d'autres sociétés minières du pays comme First Quantum Minerals qui a riposté à la hausse des taxes par un plan de suppression d'au moins 2 500 employés. Rappelons que la Zambie, pays d'Afrique australe et deuxième producteur de cuivre d'Afrique, a relevé ses taxes dans l'industrie minière de 4% à 6% à partir de janvier 2019. Une nouvelle taxe de 10% a également été prévue lorsque le prix du cuivre dépasse 7500 dollars la tonne.

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