Pétrole : l'Opep maintient la pression sur les pays non-Opep

Après l’accord historique de l’Opep le 30 novembre dernier, le cartel se réunira le week-end prochain avec les pays non-Opep, selon une annonce du ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak. Une rencontre qui intervient au moment où le cours du pétrole recommence à chuter.
Ristel Tchounand
(Crédits : Reuters)

L'Opep et les pays non-Opep se réuniront à Vienne samedi 10 décembre prochain, a annoncé ce mardi le ministre russe de l'Energie, Alexandre Novak, selon l'AFP. D'après l'officiel russe, cette rencontre s'inscrit dans la suite de celle de Vienne le 30 novembre dernier entre les membres du cartel. Cette date qui restera dans l'histoire pour avoir marqué l'adoption d'un accord de réduction de la production de l'Opep.

Les pays membres se sont ainsi engagés à ne produire que à 32,5 millions de barils de pétrole par jour à compter du 1er janvier 2017, contre 33,6 millions de barils actuellement. N'attendant que cet accord pour réagir à la demande de l'Opep, la Russie a accepté de réduire sa production de 300 000 barils de pétrole par jour.

L'Opep, lui, veut que tous les gros producteurs non membres prennent également l'engagement de diminuer leurs quantités pour espérer obtenir une stabilisation du marché sur une bonne période. Le cartel s'est engagé pour six mois et espère voir les « amis » non membres accepter de faire des concessions sur la même durée.

L'accord historique de l'Opep avait bousculé les marchés, voyant le cours du baril grimper jusqu'à 56 dollars, soit une hausse de plus de 8% depuis 2008. Ce mardi en revanche, le Brent affiche une baisse de près de 2% à 53,9%, signe que l'euphorie d'après accord retombe.

Optimisme pour une remontée des cours

Malgré tout, pour analystes et spécialistes, l'optimisme reste de mise. C'est notamment le cas de Jean-Pierre Favennec -président de l'Association pour le développement de l'énergie en Afrique (ADEA), directeur général de l'Institut africain de l'Energie (IAE), professeur à Sciences Po et à l'Ecole nationale supérieure du Pétrole à Paris- interrogé par La Tribune Afrique.

« C'est vrai que pour l'instant, on est sur des promesses. L'accord de l'Opep, les engagements de la Russie, ... tout cela est encore fragile puisque c'est à partir du premier janvier que l'on saura effectivement si les pays pétroliers respectent leurs engagements. Mais ils ont intérêt, parce qu'avec le baril de brut en dessous des 45 dollars comme c'était le cas récemment, les pays de l'Opep ne peuvent pas tenir. »

Une nécessité pour les pays de l'Opep qui est renforcée avec les projets américains de gaz de schiste. « Les Etats-Unis ont réussi à amoindrir leurs coûts de production du pétrole de schiste et envisagent une hausse de leur production. Dans ce contexte, les pays de l'Opep n'ont pas d'autre choix que tout faire pour abaisser le niveau d'extraction des gros producteurs », explique l'expert qui se dit, dans ce contexte, « convaincu d'une nouvelle remontée » du cours du baril sur le court terme.

Quelques heures avant la réunion du 30 novembre déjà, le ministre saoudien de l'Energie, de l'Industrie et des Ressources minières, Khalid Falih, confiait à la presse que l'Opep continuerait de faire pression sur la Russie même après l'accord du cartel. Et ce dernier ne semble pas prêt de lâcher.

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