Pétrole : l’Opep fera pression sur la Russie même après un éventuel accord

La rencontre tant attendue de l’Opep s’est ouverte ce mercredi matin à Vienne. Quelques heures avant le coup d’envoi, le ministre saoudien de l’Energie, a déclaré que le cartel continuerait de faire pression sur la Russie, même après un accord interne. Histoire de préparer le marché pour 2017.
Ristel Tchounand
Vue de la salle à l'ouverture de la réunion de l'Opep à Vienne ce mercredi 30 novembre.
Vue de la salle à l'ouverture de la réunion de l'Opep à Vienne ce mercredi 30 novembre. (Crédits : Reuters)

L'équilibre du marché pétrolier recherché par l'Opep n'est pas un objectif à court terme. Alors que le cartel se réunit ce mercredi 30 novembre à Vienne pour décider d'un accord de réduction de sa production pour la situer entre 32,5 et 33 millions de barils par jour (bpj), le ministre saoudien de l'Energie, de l'Industrie et des Ressources minières, Khalid Falih, s'est adressé quelques heures avant à la presse. Le cartel continuera d'insister auprès de la Russie pour qu'elle gèle son niveau de production, et ce, même après la conclusion d'un accord au sein de l'Opep.

Plus gros producteur mondial, la Russie a extrait 11,2 millions de barils par jour en octobre, sa plus grosse production de pétrole depuis la chute l'ex-URSS. Ce qui inquiète l'Opep, selon le rapport mensuel du cartel en octobre, ce sont les multiples projets pétroliers portés par le pays de Vladimir Poutine. La mise en service de plusieurs d'entre eux étant prévu l'année prochaine devrait favoriser la hausse de la production des pays hors Opep en 2017. Dans un tel contexte où la production de l'Opep ne représente qu'environ 40% de l'or noir extrait dans le monde, l'effort de réduction du cartel -si effort il y a- pourrait être vain, en cas d'une nouvelle surproduction.

Le cartel avait demandé aux pays non membres de réduire leur production de 500 000 barils par jour, la Russie en tête. Lundi 28 novembre, une délégation du cartel dirigée par le ministre algérien de l'Énergie, Noureddine Boutarfa, s'est rendu à Moscou pour rencontrer son homologue russe pour le convaincre de l'urgence de la mesure.

La Russie, attentiste

De son côté, la Russie est en mode attentiste. Le pays s'est récemment dit ouvert aux requêtes de l'Opep, mais veut d'abord voir un accord du cartel avant d'agir. « Il faut d'abord que l'Opep fasse sa réunion [...] Si un accord est conclu à cette occasion, alors la Russie se tient prête à discuter de mesures possibles pour collaborer avec l'Opep », a déclaré hier, mardi 29 novembre le ministre russe de l'Energie, Alexandre Novak, selon l'agence de presse russe.

Depuis la semaine dernière, l'optimisme pour un accord de l'Opep monte. Même Vladimir Poutine estimait que « cette probabilité est grande ». L'Iran et l'Irak aussi s'y était montrés ouverts. Tout cela a favorisé une légère hausse du cours sur tous les marchés internationaux. Ce mercredi, avec la tenue de la réunion de Vienne, le cours affiche plutôt une certaine volatilité. Le marché reste en alerte en attendant la fin de la réunion de l'Opep.

Le président de l'Association pour le développement de l'énergie en Afrique (ADEA) estime que même si la réunion du 30 novembre n'aboutit pas, « il y aura forcément un accord très peu de temps après », l'Opep ayant forcément besoin de limiter la casse de la chute des cours. « Il est donc nécessaire pour les pays de l'Opep que les prix du brut remontent au minimum au-delà de 50 voire 60 ou 65 dollars le baril », affirmait-il le week-end dernier dans un entretien avec La Tribune Afrique. Et d'ajouter : « cela demande une certaine solidarité de la part des autres gros producteurs, la Russie en l'occurrence ».

Ristel Tchounand
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