La Côte d’Ivoire boucle la plus importante émission d’eurobonds du Continent

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(Crédits : DR.)
Avec plus de 1,7 milliard d’euros récoltés lors de sa dernière émission d’euro-obligations, la Côte d’Ivoire vient de boucler la plus importante opération financière menée par un Etat africain depuis le début de ce siècle. Ce qui confirme la bonne forme du marché de la dette subsaharienne qui, en trois mois, a déjà dépassé 50% des opérations menées en 2017 et plus que l’ensemble des émissions effectuées en 2016.

La Côte d'Ivoire a bouclé ce jeudi 15 mars la vente de 1,7 milliard d'euros (2,1 milliards de dollars) d'euro-obligations, ce qui représente la plus importante émission libellée en euros d'un gouvernement africain.

Deuxième opération dans les marchés émergents

L'accord d'amortissement de cette opération est réparti entre une tranche arrivant à échéance en 2030 et dont le rendement a été fixé à 5,25%, et une autre dont l'échéance est fixée pour 2048 avec un rendement de 6,6%. Les prévisions pour ces obligations tournent autour de 5,3% pour les titres les plus courts qui ont une durée de vie moyenne de 11 ans et de 6,7% pour ceux dont l'échéance moyenne est de 29 ans.

Cette opération a été classée par Bloomberg comme le plus important montant de dette émis en euros par un Etat africain depuis le début de ce siècle. Il s'agit également de la deuxième transaction la plus importante en euros au niveau des marchés émergents pour 2012, après le deal de 2 milliards d'euros piloté par la Roumanie le premier février dernier.

Les euro-obligations africaines ont le vent en poupe

La Côte d'Ivoire représente ainsi le deuxième émetteur d'obligations en euros en provenance de marchés émergents en 2018. Le plus important producteur de cacao au monde a suivi l'Egypte, le Nigeria, le Kenya et le Sénégal sur les marchés internationaux avant la réforme annoncée de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine qui devrait impacter les coûts d'emprunts.

En 2018, les Etats africains ont émis un total de 12,8 milliards de dollars en euro-obligations en 2018. Un début d'année fulgurant pour le marché de la dette en Afrique subsaharienne et qui est déjà à plus de la moitié des 18 milliards de dollars records que les différentes capitales africaines ont gérés en 2017 et dépassant le total de l'ensemble des obligations émises en 2016.

De plus en plus de pays sautent le pas

Le 7 mars, c'est le Sénégal qui est devenu le quatrième pays à attirer quelque 10 milliards dollars, pour 2,2 milliards de dollars de titres libellés en euros et en dollars. Face aux bons retours des marchés, Nairobi, Abuja et Dakar se sont enhardis en émettant des tranches de 30 ans, alors qu'ils se limitaient à des échéances de 10 ans.

Pour l'heure, l'Afrique enregistre les rendements les plus élevés. L'intérêt des s'explique par le fait que la dette africaine offre les taux les plus élevés du monde pour les euro-obligations souveraines. Le rendement de la dette du Continent s'établit en moyenne à 6% contre 5,5% pour le reste des marchés émergents en général et de seulement 4% pour les pays en développement de la région Asie-Pacifique.

L'Afrique du Sud prévoit ainsi de proposer 3 milliards de dollars de dette extérieure lors de l'exercice en cours. Le Ghana prépare de son côté une transaction de 2 milliards de dollars et l'Angola s'apprête également à une introduction de la même ampleur. La Tanzanie a par ailleurs obtenu une première cote de solvabilité de B1 auprès de Moody's Investor Service. Un niveau supérieur à celui détenu par le Kenya et le Nigeria, ce qui pourrait pousser Dodoma a sauté le pas en préparant une première introduction d'eurobonds.

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